Les États-Unis doivent investir 13,7 milliards de dollars supplémentaires pour améliorer la capacité opérationnelle des F-35


Principaux renseignements

  • L’armée américaine a besoin de 13,7 milliards de dollars (11,8 milliards d’euros) d’ici 2031 pour remédier à la chute vertigineuse des niveaux de préparation opérationnelle du F-35.
  • La pénurie de pièces essentielles et la médiocrité des infrastructures rendent la plupart des appareils inaptes au combat.

Selon un récent rapport du Government Accountability Office (GAO), l’armée américaine a besoin de 13,7 milliards de dollars supplémentaires d’ici 2031 pour lutter contre la baisse des niveaux de préparation opérationnelle des avions de combat F-35. Cette demande de financement du Pentagone vise à atténuer des problèmes systémiques, notamment une pénurie de composants essentiels et une dépendance excessive à l’égard de sous-traitants externes tels que Lockheed Martin. Plus de la moitié du montant demandé est spécifiquement affectée à l’achat de pièces de rechange afin de garantir que davantage d’avions soient opérationnels.

Coûts de maintenance

Ces nouveaux coûts s’ajoutent aux 1 200 milliards de dollars (1 000 milliards d’euros) déjà estimés pour la maintenance à long terme de 2 470 appareils, ainsi qu’aux 485 milliards de dollars dépensés pour le développement et la fabrication.

Bien que plus de 800 avions aient été livrés, le programme continue de rencontrer des difficultés en matière de fiabilité et de performances. Les responsables ont admis que les branches de l’armée avaient auparavant donné la priorité à l’achat de nouveaux appareils plutôt qu’à la mise en place des infrastructures de réparation et de maintenance nécessaires.

Répartition financière

La charge financière est répartie entre les différentes branches, l’armée de l’air nécessitant environ 8 milliards de dollars, la marine 3,2 milliards et le Corps des Marines 2,6 milliards. Le GAO a exprimé ses inquiétudes quant à la structure actuelle des incitations, soulignant que Lockheed Martin continue de percevoir des primes malgré la baisse des taux de disponibilité opérationnelle. Les auditeurs ont suggéré que le gouvernement remplace ces récompenses par des sanctions en cas de non-respect des objectifs de performance.

De moins en moins de F-35 opérationnels

Les statistiques actuelles sur les capacités révèlent un écart significatif entre les objectifs et la réalité. Pour le F-35C du Corps des Marines, les taux de disponibilité opérationnelle sont tombés à 22 pour cent en 2025, après avoir atteint un pic de 30 pour cent en 2022, ce qui est bien en deçà de l’objectif minimum de 60 pour cent. Le F-35A de l’armée de l’air, la variante la plus répandue, a connu un sort encore pire, n’atteignant que 29 pour cent de capacité contre un objectif minimum de 65 pour cent. Les responsables de l’armée de l’air ont identifié le manque de pièces et de soutien logistique comme les principales causes de cet échec.

La pression sur la flotte est encore accentuée par les déploiements en cours. Les F-35 sont actuellement engagés dans des opérations liées au conflit avec l’Iran, ce qui oblige l’armée à détourner des pièces et du soutien vers des missions à l’étranger. Diana Maurer, du GAO, a fait remarquer que si cela garantit des performances élevées pour les appareils dans les zones de combat, cela laisse le reste de la flotte nationale gravement dégradée, ce qui signifie que les contribuables financent une flotte qui n’est que partiellement opérationnelle.

En réponse, le Pentagone a déclaré qu’il soutenait les suggestions du GAO visant à améliorer les contrôles financiers et les incitations pour les sous-traitants. Parallèlement, Lockheed Martin a affirmé avoir déjà investi plus de 2 milliards de dollars pour accélérer la livraison des pièces de rechange et améliorer la disponibilité opérationnelle globale.

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