Dette liée au développement de l’IA grimpe en flèche pour atteindre 570 milliards de dollars cette année


Principaux renseignements

  • La dette mondiale liée aux infrastructures d’IA va grimper à près de 570 milliards de dollars (environ 493,3 milliards d’euros) cette année.
  • Les géants de la tech s’appuient sur des financements externes pour financer leurs plans d’investissement de plusieurs milliards de dollars.
  • Cette demande massive de capitaux risque de faire grimper les taux d’intérêt et de durcir les conditions des prêteurs.

Selon les prévisions de Morgan Stanley, la dette mondiale générée pour financer les infrastructures d’intelligence artificielle devrait atteindre près de 570 milliards de dollars (environ 493,3 milliards d’euros) cette année. Cette augmentation massive des emprunts est alimentée par la forte demande en matière de développement de l’IA, ce qui stimule un boom tant sur les marchés obligataires que boursiers.

À la fin du mois de mai, environ 236 milliards de dollars (environ 204,2 milliards d’euros) de nouvelles dettes avaient déjà été émis pour soutenir la construction de centres de données et de systèmes connexes, un chiffre quatre fois supérieur à celui de la même période l’année précédente. La banque d’investissement prévoit que cette tendance se poursuivra tout au long du second semestre.

Frénésie de dépenses des géants de la tech

La pression financière résulte des plans de dépenses colossaux de géants du secteur tels que Meta, Microsoft, Amazon et Alphabet. Ces entreprises devraient investir environ 700 milliards de dollars (environ 605,8 milliards d’euros) dans l’IA cette année, un chiffre qui pourrait dépasser les 1 000 milliards de dollars l’année prochaine. Comme ces sommes dépassent ce que peuvent couvrir leurs réserves de trésorerie internes, ces géants se tournent de plus en plus vers le financement externe par le biais d’obligations et de capitaux propres.

Passage à d’autres devises

Morgan Stanley a observé un changement dans la manière dont ces capitaux sont levés, notant une tendance croissante à rechercher des investissements dans des devises autres que le dollar américain. Bien que les fondamentaux économiques sous-jacents restent solides, la banque met en garde contre le fait que le volume considérable de la demande de capitaux pourrait faire grimper les taux d’intérêt sur les titres de créance.

L’exemple de Softbank

Le resserrement du marché pourrait inciter les prêteurs à se montrer plus prudents quant aux emprunteurs qu’ils financent et aux conditions qu’ils leur accordent. Cela est illustré par les difficultés rencontrées par Softbank, qui a récemment dû revoir à la baisse sa demande de prêt, passant de 10 milliards de dollars (environ 8,7 milliards d’euros) à 6 milliards de dollars (environ 5,2 milliards d’euros) en raison des hésitations des investisseurs. La société a tenté d’utiliser ses participations dans OpenAI comme garantie, mais cette nouvelle a contribué à une chute du cours de son action à la Bourse de Tokyo.

Softbank s’est fortement engagée dans la croissance de l’IA, notamment avec des projets d’investissement pouvant atteindre 75 milliards d’euros dans des centres de données près de Dunkerque. De plus, l’entreprise doit faire face à une échéance imminente en mars de l’année prochaine pour rembourser un prêt de 40 milliards de dollars (environ 34,6 milliards d’euros) contracté pour soutenir les projets d’OpenAI.

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