Principaux renseignements
- La confiance des Européens dans les États-Unis en tant qu’allié militaire fiable s’est effondrée.
- Les nations privilégient désormais l’autonomie stratégique pour pallier le manque de fiabilité américain.
- Les citoyens de l’UE soutiennent les achats militaires locaux malgré les différends sur le financement.
Une étude récente menée par le Conseil européen des relations étrangères (ECFR) dans 15 pays révèle une baisse significative de la confiance des Européens envers les États-Unis. Les données de The Guardian indiquent que seuls 11 pour cent des participants perçoivent actuellement les États-Unis comme un allié, ce qui représente une forte baisse par rapport aux 22 pour cent enregistrés fin 2024. La plupart des personnes interrogées dans les territoires étudiés pensent désormais que les États-Unis ne fourniraient pas de soutien militaire si leur pays était attaqué.
Facteurs à l’origine de la baisse de confiance
Cette érosion de la confiance est largement attribuée aux actions de la présidence américaine. Il s’agit de les menaces concernant le Groenland, les allusions à un retrait des troupes d’Europe et un manque général d’engagement envers l’OTAN. En conséquence, de nombreux Européens adoptent une approche plus pragmatique. Ils cherchent à atténuer les risques liés au manque de fiabilité des États-Unis en renforçant leurs propres cadres de sécurité régionaux.
La quête d’autonomie stratégique
Selon Jana Kobzová et Paweł Zerka, chercheurs à l’ECFR, on observe un engouement croissant pour l’autonomie stratégique. L’enquête suggère qu’il existe une forte pression pour que l’Europe accélère son autonomie.
Cependant, la plupart des citoyens espèrent toujours que les relations avec Washington s’amélioreront après la fin du mandat de Donald Trump. Ce changement se manifeste par une volonté accrue des Européens d’augmenter les budgets de défense et par une confiance renouvelée dans la capacité des pays voisins de l’UE à offrir leur aide en cas de crise.
Achats militaires et obstacles financiers
Ce désir d’indépendance s’étend aux achats militaires, une grande majorité des personnes interrogées, en particulier au Danemark, aux Pays-Bas et en Suède, soutenant une stratégie « acheter européen » pour réduire la dépendance vis-à-vis du matériel américain.
De plus, près de la moitié des personnes interrogées sont favorables à l’idée d’un emprunt collectif de l’UE pour financer ces renforcements de la défense. Cependant, cette ambition se heurte à un obstacle. Une majorité de citoyens dans des pays comme l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne ne sont pas disposés à réduire d’autres services publics pour financer la croissance du budget militaire.
Persistance de l’OTAN et des divisions régionales
Malgré ces tensions, l’opinion publique reste réticente à démanteler complètement les structures existantes. Seuls 29 pour cent des personnes interrogées soutiennent le remplacement de l’OTAN par une organisation de défense centrée sur l’UE. Les autres opinions géopolitiques restent partagées. D’une part, il existe un fort consensus contre la reprise des importations d’énergie en provenance de Russie. D’autre part, les avis restent divisés quant à l’adhésion immédiate de l’Ukraine à l’Union européenne.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

