Principaux renseignements
- Les économistes s’attendent à ce que la BCE procède à deux hausses de taux d’intérêt cette année pour lutter contre l’inflation.
- La hausse persistante des prix repousse à 2027 le calendrier prévu pour les baisses de taux.
- La stagnation de la croissance, combinée à la hausse de l’inflation, menace la zone euro de stagflation.
Selon un récent sondage Bloomberg réalisé entre fin mai et début juin, les économistes estiment que la Banque centrale européenne (BCE) est prête à procéder à deux hausses de taux d’intérêt cette année pour lutter contre l’inflation exacerbée par le conflit en Iran. Presque tous les experts interrogés anticipent une hausse de 25 points de base lors de la prochaine réunion, la majorité s’attendant à une hausse supplémentaire – probablement en septembre – qui porterait le taux de dépôt à 2,5 pour cent.
Un virage vers une stratégie plus restrictive
Cette position agressive place la BCE à l’extrémité la plus restrictive du G7, contrastant avec l’approche plus prudente de la Réserve fédérale américaine face aux chocs énergétiques. Des analystes, tels que Daniel Hartmann de Bantleon, suggèrent que la BCE est déterminée à démontrer son engagement envers l’objectif d’inflation de 2 pour cent et à signaler qu’elle ne fermera pas les yeux sur les hausses persistantes des prix.
En raison du ralentissement économique causé par les tensions au Moyen-Orient, le calendrier prévu pour les baisses de taux a été repoussé de mars à mi-2027.
Lutte contre l’inflation persistante
La nécessité de ces hausses est motivée par une forte accélération de la croissance des prix à la consommation, qui est passée de 1,9 pour cent à 3,2 pour cent au cours du premier trimestre de la guerre. Au-delà de la flambée immédiate des coûts énergétiques, les responsables craignent que ces pressions ne se répercutent sur les salaires et les prix pratiqués par les entreprises.
L’inflation sous-jacente – qui exclut les secteurs volatils – étant restée supérieure à 2 pour cent depuis 2021, Arne Petimezas, d’AFS Interest, note que la BCE doit relever ses taux pour préserver sa crédibilité institutionnelle.
La menace de la stagflation
Parallèlement, la zone euro est confrontée à un environnement économique précaire, l’activité du secteur privé atteignant son niveau le plus bas depuis 2024. Les participants à l’enquête s’attendent à ce que la BCE revoie à la hausse ses prévisions d’inflation à long terme pour 2026 et 2027, tout en abaissant ses prévisions de croissance pour l’année en cours et les années suivantes.
Cette combinaison de stagnation et d’inflation a suscité des débats sur la « stagflation », malgré les démentis précédents de la présidente Christine Lagarde.
Croissance économique modérée dans la zone euro
La situation actuelle semble correspondre au « scénario défavorable » de la BCE datant de mars, qui prévoyait une croissance économique de seulement 0,6 pour cent et une inflation moyenne de 3,5 pour cent d’ici 2026.
Alors que la membre du directoire Isabel Schnabel a averti que les anticipations d’inflation pourraient se déstabiliser, la plupart des experts interrogés ne partagent pas cet avis. Il existe toutefois un fort consensus – partagé par Philip Lane et 75 pour cent des personnes interrogées – sur le fait que les répercussions économiques de la guerre persisteront pendant au moins six mois après la conclusion d’un accord de paix.
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