Principaux renseignements
- La Banque centrale européenne (BCE) devrait relever son taux de dépôt à 2,25 pour cent le 11 juin.
- L’inflation sous-jacente continue de grimper alors que les conflits géopolitiques perturbent les livraisons d’énergie.
- Les économistes avertissent que la stagflation représente un risque grave pour la croissance future.
Selon une enquête de Reuters auprès d’économistes, la Banque centrale européenne devrait relever son taux de dépôt à 2,25 pour cent le 11 juin, une nouvelle hausse étant probable en septembre. Cette stratégie vise à maîtriser l’inflation provoquée par les coûts énergétiques tout en naviguant dans un contexte économique qui se détériore. L’inflation a atteint 3,2 pour cent en mai, dépassant largement l’objectif de 2 pour cent. L’inflation sous-jacente, qui a grimpé à 2,5 pour cent, est particulièrement préoccupante, car elle indique que le conflit en Iran commence à affecter le niveau général des prix.
Recul économique
Les indicateurs économiques, tels que les statistiques officielles et les rapports PMI, suggèrent un ralentissement de la croissance. Cette tendance pourrait s’intensifier à mesure que la guerre en cours persiste sans issue et que le détroit d’Ormuz continue de subir d’importantes perturbations dans les livraisons d’énergie.
Alors qu’une hausse des taux en juin est considérée comme inévitable par la plupart des responsables, les experts suggèrent que l’affaiblissement du marché du travail et le ralentissement économique actuel pourraient décourager un resserrement monétaire trop agressif.
Consensus des experts sur les hausses de taux
Le sondage a révélé un consensus croissant, 74 économistes sur 80 (soit plus de 90 pour cent) prévoyant une hausse de 25 points de base. Bas van Geffen, de Rabobank, a noté que la banque centrale privilégie sa réputation de combattante de l’inflation plutôt que le risque des hausses de taux trop importantes, craignant les conséquences d’une sous-estimation de la flambée des prix.
Bien qu’il ne s’attende qu’à une ou deux hausses supplémentaires, une crise prolongée pourrait contraindre à prendre de nouvelles mesures.
Environ 60 pour cent des experts interrogés anticipent une nouvelle hausse des taux cette année, qui devrait intervenir en septembre.
Les prévisions d’inflation continuent d’augmenter
Les projections d’inflation continuent d’augmenter, les contrats à terme sur le Brent restant environ 40 pour cent plus élevés qu’avant le conflit. Les prévisions suggèrent que l’inflation s’établira en moyenne à 3,3 pour cent par trimestre pour le reste de l’année et à 2,9 pour cent en 2026.
Parallèlement, les projections de croissance pour 2026 ont été revues à la baisse pour la troisième fois depuis mars, à 0,7 pour cent, ce qui représente la prévision la plus basse depuis 2023.
La menace de la stagflation
De plus, les deux tiers des économistes interrogés estiment qu’il existe un risque significatif de stagflation, une combinaison de croissance stagnante, de taux de chômage élevés et d’inflation persistante.
Ce point de vue contredit celui de la présidente de la BCE, Christine Lagarde, qui avait précédemment affirmé que la stagflation était un phénomène des années 1970 et qu’elle ne s’appliquait pas au contexte actuel.
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