Principaux renseignements
- La fusée russe Oreshnik sert davantage à exercer une intimidation psychologique qu’à remplir une véritable fonction militaire.
- Son coût prohibitif et sa faible précision rendent cette arme stratégiquement inutilisable.
- Les charges utiles en béton et les cibles manquées révèlent le manque de fiabilité fondamental du système.
Malgré son rôle initial d’outil d’intimidation, le missile russe Oreshnik s’est révélé être une arme inefficace et peu fiable. Bien qu’il soit basé sur la plate-forme RS-26 à capacité nucléaire, ce missile est d’un coût prohibitif — estimé à 30 millions de dollars (25 millions d’euros) par unité — et manque de la précision nécessaire à une application militaire pratique. Des experts, dont le consultant Jimmy Rushton, suggèrent que ce projectile de 40 tonnes est davantage conçu pour la guerre psychologique que pour une utilité stratégique réelle.
Défaillances de précision
Les frappes récentes sur l’Ukraine ont encore mis en évidence les lacunes de cette arme. Après une attaque sur Bila Tserkva, des analystes ont découvert que les 36 ogives du missile étaient remplies de béton plutôt que d’explosifs.
Ce choix de conception pourrait être une nécessité, car les explosifs réels risqueraient d’être détruits par la chaleur extrême et la vitesse de la descente finale du missile. De plus, le manque de précision de l’arme était évident lorsqu’elle a manqué un aérodrome stratégique et a frappé à la place un complexe de garages, ne faisant aucune victime.
Peu fiable
Le manque de fiabilité du missile est également mis en évidence par des images provenant de la région de Donetsk, qui suggèrent que certains projectiles pourraient ne même pas atteindre leurs cibles prévues en Ukraine. L’Ukraine ne disposant pas des moyens d’intercepter ces missiles en plein vol, le seul point positif est que l’Oreshnik est à la fois rare et imprécis. L’expert en missiles Fabian Hoffmann note que l’imprécision du projectile tient au fait que ses ogives individuelles ne sont pas guidées ; elles tombent simplement sous l’effet de la gravité après s’être séparées.
Contraintes financières
Par conséquent, l’Oreshnik est largement inefficace contre des cibles spécifiques telles que les systèmes de défense aérienne ou des bâtiments individuels, bien qu’il puisse potentiellement menacer de vastes zones. Même lorsqu’il a visé une base de maintenance des chasseurs MiG-29 à Lviv, ce missile n’a pas réussi à causer de dégâts significatifs ni à entraver les opérations aériennes ukrainiennes. Si un barrage massif de ces missiles pourrait théoriquement mettre en péril de grandes installations de l’OTAN, son coût astronomique rend une telle stratégie financièrement irréalisable pour la Russie. En fin de compte, les échecs répétés et le manque de précision privent l’Oreshnik de l’effet de terreur escompté.
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