Principaux renseignements
- La capacité mondiale de raffinage de pétrole atteindra son pic d’ici 2030 avant de décliner en raison de l’adoption des véhicules électriques.
- Le Maroc s’oriente résolument vers les énergies renouvelables pour atteindre 70 pour cent de son mix électrique d’ici 2050.
- Des investissements stratégiques dans l’hydrogène vert transforment le Maroc en un pôle maritime et industriel durable.
Le paysage mondial du raffinage du pétrole est sur le point de connaître une transformation majeure, la capacité globale devant atteindre son apogée entre 2025 et 2030.
Voitures électriques
Selon une étude du Centre d’analyse du complexe des combustibles et de l’énergie (AC TEK) – via Barlamane – , un déclin constant s’ensuivra, largement précipité par l’adoption généralisée des véhicules électriques.
Cette évolution est particulièrement marquée en Europe, où les capacités de raffinage devraient baisser de près de 30 pour cent d’ici 2050. À l’inverse, les nouveaux investissements industriels se tournent vers la région Asie-Pacifique et le Moyen-Orient pour répondre à des besoins énergétiques persistants. L’Amérique du Nord devrait rester plus stable à court terme, aucun ajustement majeur n’étant prévu avant 2040.
Le Maroc et les énergies renouvelables
À mesure que les flux énergétiques mondiaux se redistribuent, de nouveaux marchés émergent pour les produits raffinés. Les exportateurs russes de diesel ciblent de plus en plus l’Asie et l’Afrique, le Maroc étant identifié comme une destination principale. Depuis la fermeture de la raffinerie Samir en 2015, le Maroc dépend entièrement des importations pour son approvisionnement en carburant. Bien qu’il reste un consommateur clé de pétrole raffiné dans un avenir proche, le royaume s’oriente stratégiquement vers un modèle énergétique durable afin d’atténuer la volatilité des prix des combustibles fossiles.
Le Maroc tire parti de sa situation géographique optimale et de son climat exceptionnel pour s’imposer comme un leader dans le domaine des énergies renouvelables. Le pays vise à ce que les énergies renouvelables représentent 52 pour cent de son mix électrique d’ici 2030, pour passer à 70 pour cent d’ici 2050. Fin 2025, le pays avait déjà atteint une capacité opérationnelle de 5,5 GW provenant de sources éoliennes, solaires et hydroélectriques. Pour atteindre cet objectif, l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN) et l’ONEE, l’opérateur national d’électricité, collaborent avec des investisseurs privés afin d’ajouter environ 4,4 GW de capacité supplémentaire d’ici la fin de la décennie.
L’énergie solaire
Le secteur solaire, en particulier, connaît une expansion rapide grâce au nombre élevé d’heures d’ensoleillement annuel au Maroc. Des cadres législatifs tels que la loi 13-09 ont encouragé le développement privé, attirant des entreprises internationales telles qu’ACWA Power d’Arabie saoudite et Jinko Solar de Chine. Ces investissements sont également motivés par la volonté de l’Europe de diversifier ses sources d’énergie et de réduire sa dépendance vis-à-vis des combustibles russes à la suite des bouleversements géopolitiques de 2022.
Au-delà de l’électricité, le Maroc se positionne comme un pionnier dans le domaine du transport maritime vert et de la production d’hydrogène. En recourant à l’électrolyse alimentée par des énergies renouvelables, le gouvernement a approuvé des projets d’une valeur de 32,5 milliards de dollars visant à produire de l’ammoniac, de l’acier et des carburants industriels durables. Un élément central de cette stratégie consiste à moderniser les infrastructures portuaires. Des hubs majeurs tels que Tanger Med, Mohammedia, Jorf Lasfar et Tan-Tan font actuellement l’objet d’une analyse visant à évaluer leur potentiel de transition des combustibles fossiles vers l’hydrogène vert, offrant ainsi une alternative durable pour le commerce maritime international.
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