La Russie est confrontée à un déficit budgétaire de 28 milliards de dollars en raison des coûts liés à la guerre en Ukraine


Principaux renseignements

  • La Russie est confrontée à un dépassement budgétaire de 28 milliards de dollars (24 milliards d’euros) alors que les coûts de l’invasion de l’Ukraine augmentent fortement.
  • Les dépenses de défense représentent désormais près de 40 pour cent du budget annuel.
  • La forte dépendance à l’économie de guerre érode les services publics et la croissance à long terme.

La Russie est aux prises avec une crise financière croissante alors que les coûts de l’invasion de l’Ukraine augmentent fortement, avec un dépassement budgétaire estimé à 28 milliards de dollars (24 milliards d’euros) pour l’année en cours. Cette pression financière survient à un moment où les avancées militaires russes ont fortement ralenti. Dans le même temps, les troupes ukrainiennes ont étendu leurs capacités offensives en menant des attaques transfrontalières. C’est ce que rapporte le Financial Times.

Pression budgétaire

Une communication interne du ministre des Finances Anton Siluanov fait état d’une nécessité urgente de suspendre environ 40,8 milliards de dollars (35 milliards d’euros) de dépenses non militaires. Cette mesure vise à compenser les coûts de la guerre. Siluanov a averti le gouvernement que, dans le pire des cas, les déficits budgétaires pourraient encore s’aggraver et a prédit que les dépenses excessives se poursuivraient jusqu’en 2028. Malgré ces avertissements, le président russe Poutine reste optimiste quant à la conquête des régions de Donetsk et de Louhansk d’ici l’automne. Les données financières indiquent toutefois une lutte épuisante.

Dépenses militaires dominent le budget

L’ampleur des dépenses militaires est colossale, la défense et la sécurité absorbant près de 40 pour cent du budget annuel. Cela a entraîné une explosion du déficit. En avril, celui-ci a atteint 5 900 milliards de roubles (71 milliards d’euros), son plus haut niveau depuis le début du conflit en 2022. Bien que l’économie russe ait initialement connu une croissance grâce à une forte augmentation de la production de défense et ait profité des prix élevés du pétrole, la dépendance à l’égard d’une « économie de guerre » commence à saper les services publics et à épuiser la population active.

Priorité à la défense plutôt qu’aux besoins sociaux

Pour gérer la crise, le ministère des Finances procède actuellement à un audit de toutes les dépenses publiques afin de donner la priorité à la défense et aux obligations sociales essentielles. Siluanov a averti que les réserves nationales sont limitées et que le gouvernement ne peut se permettre aucune inefficacité compte tenu du climat économique mondial.

Ces tensions financières se reflètent dans la révision à la baisse des perspectives économiques. Le ministère de l’Économie a revu à la baisse ses prévisions de croissance du PIB pour 2026 et 2027, indiquant un ralentissement à long terme. Ce ralentissement économique illustre l’absence de succès sur le champ de bataille ; les données de l’Institute for the Study of War montrent que les gains territoriaux de la Russie au début de l’année 2026 ne représentaient qu’une fraction du territoire qu’elle avait conquis au cours de la même période l’année précédente.

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