Les États-Unis classent des gangs criminels brésiliens comme entités terroristes


Principaux renseignements

  • Le gouvernement américain a classé les gangs brésiliens PCC et CV comme entités terroristes.
  • Washington dispose désormais de l’autorité légale pour déployer des moyens de renseignement et des sanctions à l’échelle mondiale contre ces organisations criminelles.
  • Le président Lula rejette cette désignation malgré la stratégie antiterroriste agressive de l’administration Trump.

Le gouvernement américain a officiellement classé le Premier Commandement de la Capitale (PCC) et le Commandement Rouge (CV) comme entités terroristes. Il y a les objections du gouvernement brésilien. Le secrétaire d’État Marco Rubio a décrit ces groupes comme faisant partie des organisations criminelles les plus agressives du Brésil. Il soulignait que leurs opérations illégales et leur influence s’étendent bien au-delà des frontières nationales, jusqu’aux États-Unis et dans d’autres territoires de la région. M. Rubio a souligné que ces organisations dirigent des milliers d’agents et ont perpétré des attaques brutales contre des fonctionnaires, des forces de l’ordre et des citoyens.

Une stratégie antiterroriste élargie

Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus large lancée par l’administration Trump en janvier 2025, qui a vu d’autres gangs, tels que le Tren de Aragua au Venezuela et divers cartels mexicains, recevoir des désignations similaires. Du point de vue de Washington, le fait de désigner ces groupes comme terroristes confère aux États-Unis l’autorité légale de déployer des renseignements, des tactiques de contre-insurrection et des mesures répressives à l’échelle mondiale contre ces organisations et leurs dirigeants.

Le processus de classification se déroule en deux phases. Dans un premier temps, le PCC et le CV sont qualifiés de « terroristes mondiaux spécialement désignés ». Ainsi, ça permet au Trésor américain d’imposer rapidement des sanctions à leurs dirigeants et à leurs affiliés. D’ici le 5 juin, ces groupes seront reclassés en « organisations terroristes étrangères ». C’est un statut qui les place dans la même catégorie juridique que des entités telles que l’État islamique ou Al-Qaïda.

Perspectives divergentes sur la sécurité nationale

Si le Brésil reconnaît le danger que représentent ces gangs — qui ont vu le jour dans les prisons près de São Paulo et de Rio de Janeiro il y a plusieurs décennies —, le président Luiz Inácio Lula da Silva rejette l’idée qu’il s’agisse de terroristes cherchant à renverser l’État. À l’inverse, l’administration Trump considère l’afflux de stupéfiants et de criminels en provenance des Caraïbes et d’Amérique latine comme une menace majeure pour la sécurité nationale. Cette idéologie alimente également le recours controversé aux frappes aériennes contre des navires soupçonnés de transporter de la drogue dans le Pacifique et les Caraïbes. Celui a entraîné près de 200 morts que certains experts juridiques qualifient d’exécutions extrajudiciaires.

Sur le plan politique, cette décision constitue une réprimande publique à l’encontre du président Lula. Bien que les deux dirigeants aient semblé trouver un terrain d’entente lors d’une récente rencontre à Washington et aient signé en avril un pacte pour lutter contre le trafic, Lula reste opposé à l’adoption d’un cadre antiterroriste pour lutter contre la criminalité. Dans le même temps, son rival conservateur Flávio Bolsonaro a exprimé son soutien à la désignation américaine.

Sécurité et prochaines élections brésiliennes

À l’approche de l’élection présidentielle brésilienne d’octobre, la sécurité reste un enjeu crucial pour les électeurs. Si Lula est actuellement en tête dans les sondages, il ne dispose pas d’une majorité définitive. La lutte nationale contre ces gangs reste violente ; par exemple, une opération de grande envergure menée contre le CV en octobre a fait au moins 119 morts, illustrant la volatilité du conflit. (fc)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus