Principaux renseignements
- L’Espagne rejette la pression menée par la France en faveur d’un renforcement des mesures de protection commerciale de l’UE à l’encontre de la Chine.
- Madrid privilégie le dialogue diplomatique et les investissements étrangers plutôt que des mécanismes défensifs agressifs.
- Cette divergence met en évidence une profonde fracture au sein de la stratégie commune de l’UE vis-à-vis de Pékin.
L’Espagne s’est écartée d’un mouvement mené par la France visant à renforcer les mesures de protection commerciale de l’Union européenne à l’encontre de la Chine. Politico rapporte ça. S’exprimant à Berlin, le ministre de l’Économie et du Commerce, Carlos Cuerpo, a précisé que le gouvernement espagnol n’approuvait pas officiellement cette proposition à ce stade.
Un changement de position diplomatique
Ce revirement contredit les indications précédentes selon lesquelles Madrid soutenait l’initiative. La semaine dernière encore, l’Espagne figurait aux côtés de l’Italie, de la Lituanie et des Pays-Bas parmi les signataires d’un document de position adressé à la Commission européenne. Ce document exhortait l’UE à renforcer ses mécanismes commerciaux défensifs, à étendre ses pouvoirs d’enquête et à développer de nouvelles stratégies pour lutter contre les irrégularités du marché. Cependant, à la suite des informations faisant état de cet accord, les responsables espagnols ont commencé à qualifier ce document de discussion technique.
Priorité au dialogue diplomatique
L’Espagne est reconnue comme l’un des pays de l’UE les plus ouverts à Pékin. Le pays a noué des liens étroits grâce aux multiples visites du Premier ministre Pedro Sánchez. Le pays a activement courtisé les capitaux chinois. Il s’agit des secteurs de l’automobile et de l’énergie solaire.
Ce changement de politique intervient juste avant une réunion cruciale des commissaires européens. L’objectif de cette réunion est redéfinir les relations de l’Union avec la Chine. L’objectif de ces discussions est de trouver des moyens de protéger les industries européennes contre l’afflux d’importations chinoises à bas prix. Lors d’une réunion des ministres des six plus grandes économies de l’UE, M. Cuerpo a souligné la nécessité d’un dialogue diplomatique. Il a fait valoir que l’UE devait interagir avec la Chine et les États-Unis sur un pied d’égalité. Il soulignait qu’un engagement actif avec les responsables chinois constituait la meilleure voie à suivre.
L’UE
Ce désaccord met en évidence la difficulté à laquelle l’UE est confrontée pour établir une stratégie unifiée vis-à-vis de Pékin. Alors que des pays comme la Lituanie, la Belgique, la France et les Pays-Bas sont favorables à une posture plus agressive, d’autres préfèrent éviter toute escalade. M. Cuerpo a soutenu que grâce à une communication stratégique, l’UE peut résoudre des déséquilibres commerciaux spécifiques. Cette communication peut veiller à ce que les investissements chinois apportent une valeur significative au continent européen tout en préservant la sécurité économique. (fc)
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