La marine américaine va réduire sa flotte malgré la menace chinoise grandissante


Principaux renseignements

  • La marine américaine risque de subir une perte de puissance critique en désarmant des dizaines de navires de guerre avec équipage.
  • Les drones autonomes, dont l’efficacité n’a pas été prouvée, ne peuvent remplacer la portée et la puissance de feu des navires traditionnels.
  • Les États-Unis doivent donner la priorité à la production régulière de sous-marins et de destroyers éprouvés pour dissuader la Chine.

À l’heure où la Chine dispose de la plus grande force navale au monde, les États-Unis poursuivent une stratégie de construction navale qui va en réalité réduire leur flotte. Entre 2027 et 2031, la marine américaine prévoit de désarmer 46 navires, dont 16 sous-marins, 10 croiseurs et destroyers, et deux porte-avions. Cette transition verra le nombre total de navires de guerre avec équipage tomber à 288.

Le pari des systèmes autonomes

Pour compenser ces pertes, la Marine prévoit de mettre en service 47 drones de surface et 16 véhicules sous-marins sans pilote de grande taille. Cependant, ces systèmes autonomes n’ont pas fait leurs preuves au combat et ne disposent pas de la capacité d’armement ni de la portée opérationnelle des navires avec équipage qu’ils sont censés remplacer. De plus, bien que la Marine évoque de nouvelles classes de frégates et de cuirassés, il n’existe actuellement aucun calendrier concret, aucune conception architecturale ni aucun chantier naval disponible pour mener ces projets à bien.

Cette réduction est particulièrement préoccupante compte tenu des exigences mondiales croissantes auxquelles doit répondre la flotte américaine, qu’il s’agisse de la lutte contre le trafic de drogue dans les Caraïbes ou des opérations de stabilisation en Méditerranée et dans le golfe Persique. Le point le plus critique est la montée des tensions avec la Chine. Ce pays développe rapidement ses capacités nucléaires et vise à disposer d’une flotte de neuf porte-avions d’ici 2035, dont son premier superporte-avions à propulsion nucléaire.

Une tendance à l’échec stratégique

Historiquement, la Marine a connu des difficultés avec les stratégies de « désinvestissement pour investir », annulant souvent des projets coûteux et de niche comme les destroyers de classe Zumwalt ou les navires de combat littoral après une production limitée. Il existe un risque que les plans actuels concernant des drones non éprouvés et des cuirassés théoriques suivent ce schéma d’échec, gaspillant ainsi une main-d’œuvre et un espace dans les chantiers navals précieux.

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