Principaux renseignements
- Le Canada cherche à diversifier ses exportations de pétrole brut en construisant un nouvel oléoduc vers l’Asie.
- Le projet se heurte à une opposition environnementale et nécessite une initiative importante de capture du carbone pour être approuvé.
- Les tensions politiques s’intensifient en Alberta alors que le sentiment séparatiste s’amplifie autour du contrôle des ressources pétrolières de la province.
Le premier ministre canadien Mark Carney et la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, ont annoncé un nouveau projet d’oléoduc destiné à stimuler les exportations de pétrole brut vers l’Asie. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de Carney visant à diversifier l’économie canadienne et à la rendre moins dépendante des États-Unis.
Préoccupations environnementales
Le projet se heurte toutefois à une opposition motivée par des considérations environnementales. La première ministre de l’Alberta, Mme Smith, avait auparavant critiqué le prédécesseur de M. Carney pour une politique jugée préjudiciable à l’industrie pétrolière de la province. Elle a néanmoins cherché à collaborer avec le gouvernement actuel.
Mark Carney et Danielle Smith ont franchi une étape importante lorsqu’ils ont signé un accord sur la tarification du CO2 industriel. Ce système impose une taxe aux grands émetteurs de CO2, une mesure qui avait été critiquée par les compagnies pétrolières. Smith a fait remarquer que le gouvernement Trudeau avait réduit les tarifs fixés précédemment
Augmentation progressive du prix du carbone
L’accord prévoit une augmentation progressive du prix du carbone pour atteindre 130 dollars canadiens (81,3 euros) par tonne de CO2 émise en 2040. Ce montant reste inférieur à l’objectif que Justin Trudeau avait fixé, soit 170 dollars canadiens (106 euros) en 2030. Lors de l’annonce faite à Calgary, Carney a souligné la fiabilité du Canada en tant que fournisseur d’énergie pour les marchés asiatiques. Il a insisté sur l’importance de la diversification des relations commerciales avec l’Asie et a évoqué les inquiétudes concernant les conséquences des mesures protectionnistes prises par les États-Unis.
L’approbation de l’oléoduc dépend de la mise en place d’une initiative à grande échelle de capture et de stockage du carbone. Les groupes autochtones et les Premières Nations se sont opposés à tout oléoduc traversant l’Alberta pour rejoindre la côte pacifique canadienne. Le chef du Nouveau Parti démocratique a critiqué cette annonce, la qualifiant de capitulation face à l’industrie pétrolière et gazière.
Cette annonce intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes en Alberta, où les sentiments séparatistes gagnent du terrain en raison de la frustration suscitée par le contrôle exercé par Ottawa sur les réserves pétrolières de la province. (ev)(fc)
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