AstraZeneca investit 300 millions de livres sterling dans ses sites de développement de médicaments au Royaume-Uni


Principaux renseignements

  • AstraZeneca investit 300 millions de livres sterling dans ses sites existants au Royaume-Uni afin de moderniser le développement de médicaments.
  • Malgré ce succès récent, l’investissement d’AstraZeneca reste nettement inférieur à ses engagements aux États-Unis et en Chine.

AstraZeneca, le leader pharmaceutique au Royaume-Uni, a surpris beaucoup de monde en annonçant un investissement de 300 millions de livres sterling (347 millions d’euros) dans deux sites existants. Cette décision marque un tournant important après qu’AstraZeneca eut suspendu l’année dernière des projets de grande envergure en Angleterre en raison de préoccupations concernant le climat des affaires, notamment l’accès aux nouveaux médicaments via le NHS et la tarification des médicaments.

Modernisation

Cet investissement permettra l’achèvement d’un nouvel immeuble de bureaux sur le campus d’AstraZeneca à Cambridge, à proximité du siège social. Par ailleurs, l’entreprise mettra en place un « laboratoire du futur » à la pointe de la technologie sur son site de Macclesfield. Ce laboratoire utilisera des outils numériques et l’analyse de données pour accélérer le développement de médicaments. Cette initiative devrait créer de nouveaux emplois scientifiques à Macclesfield, bien que le nombre exact ne soit pas encore connu.

À Cambridge, cet investissement permettra de regrouper les employés de différents bâtiments dans le nouveau bâtiment Rosalind Franklin. Ce déménagement réunira des analystes de données et des scientifiques moléculaires qui travaillent actuellement sur différents sites.

Revers passés

La décision d’AstraZeneca d’investir intervient après une période d’incertitude. En septembre dernier, l’entreprise avait suspendu un investissement de 200 millions de livres sterling (231 millions d’euros) à Cambridge, après l’annulation d’un projet de 450 millions de livres sterling (521 millions d’euros) destiné à la construction d’une usine de production de vaccins à Speke, dans le Merseyside. AstraZeneca avait alors attribué ces revers à une réduction des aides publiques à l’issue de longues négociations.

Ce nouvel investissement témoigne de l’impact positif d’un accord pharmaceutique conclu récemment entre le Royaume-Uni et les États-Unis. Cet accord vise à réduire les prix des médicaments sur ordonnance aux États-Unis. Les dépenses du NHS en médicaments vont augmenter, tandis que les entreprises pharmaceutiques britanniques seront exemptées de droits de douane.

Réactions politiques

Cette annonce a été accueillie favorablement tant par les responsables politiques que par les experts du secteur. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a salué cet investissement comme un « signe important de confiance envers le Royaume-Uni » et une preuve de la viabilité des projets économiques du Parti travailliste. La ministre des Sciences, Liz Kendall, a souligné l’importance de cet engagement pour la recherche britannique et a mis en avant son potentiel pour développer des médicaments et des traitements qui changent la vie.

Les stratèges en investissement voient cette initiative comme un signe positif pour l’industrie pharmaceutique britannique. Toutefois, l’investissement d’AstraZeneca est modeste comparé à l’engagement de 50 milliards de dollars (42,6 milliards d’euros) pour la recherche et la production aux États-Unis annoncé en octobre dernier, et à l’investissement de 15 milliards de dollars (12,7 milliards d’euros) en Chine.

Médicaments anticancéreux

AstraZeneca et GSK, une autre grande entreprise pharmaceutique, ont récemment annoncé des ventes en forte hausse pour leurs médicaments anticancéreux. Malgré les difficultés potentielles sur le marché américain liées au scepticisme vis-à-vis des vaccins, attisé par certaines personnalités politiques, les deux entreprises continuent d’enregistrer une croissance dans ce domaine thérapeutique crucial.

Pour l’avenir, AstraZeneca vise un chiffre d’affaires annuel de 80 milliards de dollars (68,2 milliards d’euros) en 2030, grâce au développement de nombreux médicaments à succès. GSK se concentre également sur l’élargissement de son portefeuille de médicaments contre le cancer, le VIH et les maladies respiratoires. (ev)

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