Principaux renseignements
- Damas dépend fortement des importations de pétrole russe pour répondre à ses besoins énergétiques.
- Cette dépendance rend la Syrie vulnérable aux sanctions occidentales et compromet sa sécurité énergétique.
- Bien qu’elle cherche des fournisseurs alternatifs, la taille limitée du marché syrien et son faible pouvoir d’achat entravent la conclusion de contrats à long terme avec les principaux producteurs.
La dépendance de la Syrie vis-à-vis du pétrole russe met en évidence les capacités économiques limitées du pays et souligne l’influence croissante de Moscou dans la région, malgré le rapprochement supposé de Damas avec l’Occident. Après la chute du régime d’Assad, le gouvernement syrien s’est orienté vers l’Occident. Pourtant, l’économie reste largement exclue du système financier mondial.
Dépendance croissante
Cette situation instable a conduit la Syrie à devenir fortement dépendante de la Russie pour ses importations de pétrole brut. Les livraisons de pétrole de la Russie vers la Syrie ont augmenté de 75 pour cent cette année, pour atteindre environ 60 000 barils par jour. C’est ce qu’indique Reuters après avoir effectué des calculs sur la base de rapports officiels et de données provenant de MarineTraffic, Shipnext et du London Stock Exchange Group (LSEG). Cette dépendance résulte de la production nationale limitée de la Syrie. Qui est loin de suffire à couvrir les besoins énergétiques quotidiens.
Risques
Depuis la chute de Bachar al-Assad fin 2024, la Russie a remplacé l’Iran en tant que principal fournisseur de pétrole et allié. Cette dépendance comporte toutefois des risques potentiels. Selon les économistes syriens, ces échanges rendent le pays vulnérable à un renouvellement des sanctions occidentales, ce qui pourrait compromettre la sécurité énergétique.
Damas recherche activement d’autres fournisseurs et a tenté en vain de conclure un accord pétrolier avec la Turquie. La taille limitée du marché syrien et le faible pouvoir d’achat font obstacle à la conclusion de contrats à long terme avec de grands producteurs. Tels que ceux de la région du Golfe.
Sanctions
Le gouvernement syrien minimise l’origine russe des livraisons de pétrole. Selon Reuters, cela s’expliquerait par la condamnation publique du soutien militaire apporté par la Russie au régime d’Assad. Malgré ce manque de transparence, le commerce repose sur un réseau de pétroliers sanctionnés ou à haut risque. On recourt souvent à des transbordements de navire à navire près de la Grèce, de Chypre ou de l’Égypte.
Ces manœuvres logistiques complexes suscitent des inquiétudes quant à un éventuel contournement des sanctions. Elles mettent également en évidence les défis auxquels la Syrie est confrontée pour se réintégrer dans les réseaux maritimes internationaux conventionnels. (ev)
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