Le vendredi premier mai, le mouvement ouvrier célèbre sa fête, ce qui constitue ainsi pour le PVDA le moment idéal pour clarifier ses lignes politiques. Business AM a interrogé le président du PVDA, Raoul Hedebouw, à l’approche de cette journée. Les discussions portent sur l’augmentation du coût de la vie, la flexibilité sur le marché du travail et la politique du gouvernement Arizona.
Le parti traverse une période mouvementée. Sur Radio 1, Hedebouw a récemment réagi au départ de plusieurs parlementaires. Il a affirmé que le PVDA a connu de nombreux succès ces dernières années, mais qu’il commet aussi des erreurs et doit tirer les leçons de ces problèmes de croissance.
Les organisations patronales réclament de plus en plus de flexibilité et de travail dominical. Vous adoptez une ligne dure à ce sujet et parlez d’un point de rupture absolu.
Je trouve que cette course à la flexibilité sans fin n’est absolument pas une bonne évolution. Une entreprise présente souvent cette mesure comme un avantage qui améliore sa position concurrentielle. Elle oublie le lourd coût humain. Cela désorganise tout simplement la vie de famille. Les travailleurs souhaitent jouer un match de football le week-end ou passer du temps avec leur famille.
Ce tissu social disparaît complètement si nous convoquons les gens le dimanche ou tard le soir. Les partis de droite tentent de faire du travail dominical la norme absolue. Le PVDA exige une forte compensation financière de chaque entreprise qui veut à tout prix imposer cette flexibilité extrême. Ce seuil financier doit faire diminuer immédiatement la demande de travail de nuit et du dimanche.
Dans vos discours politiques, vous ciblez souvent les grandes entreprises. Représentent-elles le cœur absolu du problème selon vous ?
Le capitalisme est aujourd’hui dominé par d’immenses monopoles. Une multinationale enregistre des surprofits historiques, alors que le citoyen a du mal à payer ses factures mensuelles. L’industrie des énergies fossiles engrange des milliards de bénéfices grâce à la guerre que Trump mène contre l’Iran. Les mesures prises par le gouvernement sont totalement insuffisantes.
Ils attendent les actions de l’Europe pour taxer ces surprofits. Il a été dit très clairement qu’il incombe aux États membres de régler cela. Plusieurs pays l’ont déjà fait. Si l’Espagne peut le faire, pourquoi ne le pourrions-nous pas ? Pendant la crise du coronavirus, nous avons ainsi récolté plus de six cents millions d’euros.
Le débat sur la sécurité domine actuellement au niveau européen. L’appel à l’augmentation des dépenses de défense dicte l’agenda politique. Votre parti s’inscrit-il dans cette logique militaire ?
La logique européenne actuelle tourne presque exclusivement autour de l’armement. On veut produire quatre ou six fois plus d’armes pour préserver la paix. Il s’agit d’une analyse extrêmement dangereuse et erronée. Plus d’armes mènent inévitablement à plus de conflits et d’instabilité mondiale. Nous refusons résolument d’entrer dans cette rhétorique de guerre. Les conflits internationaux ne se résolvent pas en subventionnant massivement l’industrie de l’armement avec l’argent des contribuables.
Nous continuons de croire fermement aux solutions diplomatiques. Tous les pays européens dépensent ensemble trois fois plus que la Russie. Cet argent peut être utilisé de manière beaucoup plus efficace. Nous entendons continuellement dire que les caisses sont vides, pourtant des milliards sont dépensés pour le matériel militaire comme si de rien n’était. Une politique étrangère axée sur une paix structurelle s’impose d’urgence.
Pensez-vous que la gauche est suffisamment représentée au sein du gouvernement ?
C’est tout à fait insuffisant. Quand je vois ce que fait ce gouvernement en matière de retraites, je trouve que c’est une mesure antisociale. Il en va de même pour l’indexation. Lors des négociations gouvernementales, chez Vooruit, ils étaient encore fiers d’avoir sauvé l’indexation, mais ce qu’ils veulent faire maintenant avec l’indexation centimétrique n’est qu’une simple mesure d’économie qui va frapper de plein fouet le travailleur ordinaire. Quelqu’un qui gagne 2 000 euros nets sera déjà touché. Allons donc ! Ce que Vooruit doit faire, c’est voter fermement contre, et alors ça ne passera tout simplement pas.
Vooruit semble avoir lié son sort à la N-VA. Voyez-vous toujours ce parti comme le partenaire logique ?
Vooruit a choisi de rejoindre ce gouvernement de l’Arizona, mais il reste un parti de la classe ouvrière. J’ai du respect pour bon nombre de députés de Vooruit qui font tout simplement du bon travail. Au niveau local aussi, la collaboration est déjà en place et fonctionne bien. Je n’exclus donc certainement pas une coopération plus large. Je constate néanmoins qu’un démantèlement social est en cours.
Je constate toutefois qu’une démolition sociale est en cours. La politique de Jambon concernant le malus sur les pensions touchera de nombreuses personnes. Les femmes sont particulièrement laissées pour compte à cause de cette politique asociale. En tant que parti social, le PVDA ne peut tout simplement pas accepter de telles mesures.
Le PS est peut-être un peu plus bienveillant à cet égard.
Même dans l’opposition, nous votons parfois avec d’autres partis contre certaines propositions de loi. Cela ne pose aucun problème tant que nous obtenons des résultats pour la classe travailleuse. Nous entretenons également de bons contacts avec le PS, mais ce parti reste bien sûr le PS. Le PS est un véritable parti de pouvoir. Le clientélisme et le service à soi-même sont des pratiques que le PVDA rejette absolument. Nous gardons néanmoins toujours nos canaux ouverts pour défendre les intérêts des travailleurs. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

