Principaux renseignements
- Le gouvernement belge négocie actuellement avec Engie en vue d’acquérir ses centrales nucléaires afin de renforcer la sécurité énergétique nationale.
- Cette acquisition, qui devrait être finalisée d’ici le 1ᵉʳ octobre, permettrait à la Belgique de prendre le contrôle des réacteurs, du personnel, des filiales et de toutes les responsabilités associées.
- Face à l’instabilité énergétique mondiale et à la hausse des prix, la Belgique cherche à assurer un avenir énergétique plus durable et plus indépendant grâce à cette initiative.
Le gouvernement fédéral belge entame des négociations avec le géant de l’énergie Engie en vue d’acquérir les centrales nucléaires du pays. Cette initiative inattendue a été annoncée conjointement par Engie et le gouvernement, confirmant que toutes les activités de démantèlement des centrales seront suspendues en attendant la conclusion d’un accord.
Défis logistiques et financiers
La Belgique exploite actuellement sept réacteurs nucléaires, quatre à Doel et trois à Tihange, dont seuls deux restent en service : Doel 4 et Tihange 3, dont la durée de vie a récemment été prolongée jusqu’en 2035. Si une nouvelle prolongation de la durée de vie de ces réacteurs en service est envisageable, la remise en service des autres réacteurs arrêtés entre 2022 et 2025 pose d’importants défis logistiques et financiers.
Engie a mis en garde à plusieurs reprises contre une telle initiative, mais l’idée de réactiver ces centrales circule au sein du gouvernement depuis un certain temps. Afin de préserver toutes les options pour la Belgique, les deux parties ont convenu de suspendre les procédures de démantèlement jusqu’à ce qu’un accord soit conclu.
Détails de l’acquisition
La date cible pour la finalisation de l’accord d’acquisition est le 1er octobre. Cet accord porterait sur les réacteurs eux-mêmes, le personnel associé, toutes les filiales nucléaires, ainsi que l’ensemble des actifs et passifs, y compris les obligations liées au démantèlement et à la fermeture.
Le Premier ministre De Wever affirme que cette acquisition constitue un pas vers « une énergie sûre, abordable et durable », avec une dépendance réduite vis-à-vis des importations de combustibles fossiles et un meilleur contrôle de la production énergétique nationale.
Préoccupations de sécurité énergétique
La volonté de conserver la capacité nucléaire existante ou de construire de nouvelles centrales s’est renforcée lors de la crise énergétique de 2022 déclenchée par l’invasion russe de l’Ukraine et a été amplifiée par les récents conflits au Moyen-Orient, qui ont entraîné une hausse des prix de l’énergie.
Selon le communiqué de presse conjoint, cette acquisition permet au gouvernement belge d’assumer la responsabilité de la sécurité énergétique à long terme du pays tout en s’efforçant de développer un programme nucléaire financièrement et économiquement viable qui soutienne la fiabilité de l’approvisionnement, les objectifs climatiques, la résilience industrielle et le bien-être socio-économique. (fc)
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