Principaux renseignements
- L’estimation de 25 milliards de dollars (21,4 milliards d’euros) avancée par les responsables du Pentagone sous-estime considérablement le véritable poids financier de la guerre.
- Le coût réel des munitions, du matériel endommagé et des dépenses opérationnelles pourrait atteindre 14 milliards de dollars.
- Le manque de transparence entourant les dépenses du Pentagone a suscité des critiques de la part des législateurs, qui exigent une ventilation détaillée des dépenses.
Lors d’une récente audition au Congrès, les responsables du Pentagone ont enfin dévoilé leur estimation du coût de la guerre : 25 milliards de dollars. Cependant, les experts estiment que ce chiffre sous-estime considérablement le véritable fardeau financier.
Munitions et matériel endommagé
Les calculs de Bloomberg, basés sur les données du Pentagone, suggèrent que les dépenses liées aux munitions, au matériel endommagé et aux coûts opérationnels pourraient atteindre jusqu’à 14 milliards de dollars.
Cette somme comprend environ 8 milliards de dollars pour les munitions seules, 5 milliards de dollars pour remplacer les avions et les équipements détruits, et 1 milliard de dollars de frais d’exploitation pour deux porte-avions et 16 destroyers sur une période de 39 jours de frappes quasi-constantes.
Coûts supplémentaires non inclus
Il convient de noter que ce calcul ne tient pas compte du coût de la réparation des installations endommagées dans toute la région, telles que le quartier général de la Cinquième Flotte de la marine américaine à Bahreïn, qui a été pris pour cible à plusieurs reprises par les frappes iraniennes.
De plus, il exclut les frais de fonctionnement engagés lors du renforcement des effectifs avant la guerre et du blocus en cours. Kelly Grieco, chercheuse senior au Stimson Center, affirme que le chiffre de 25 milliards de dollars avancé par le Pentagone ne représente qu’une partie des coûts de la guerre. Elle souligne que cette estimation ne tient pas compte de facteurs cruciaux tels que les dommages subis par les bases, les frais de fonctionnement courants et la hausse des factures de carburant à laquelle le Pentagone est confronté.
Appels à la transparence
Le sénateur Richard Blumenthal avait précédemment déclaré à Bloomberg Television que même les estimations de 2 milliards de dollars par jour qui lui avaient été communiquées lui semblaient insuffisantes. Le Center for Strategic and International Studies a estimé le coût des munitions à lui seul à environ 25 milliards de dollars. Lors de l’audition, le contrôleur par intérim du Pentagone, Jules Hurst, a reconnu que le chiffre de 25 milliards de dollars incluait les coûts des munitions utilisées et les dépenses opérationnelles, mais a refusé de fournir une ventilation détaillée.
Ce manque de transparence a déclenché un échange houleux entre le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et la représentante Maggie Goodlander, une démocrate du New Hampshire qui a insisté à plusieurs reprises pour obtenir des détails. Mme Goodlander a critiqué l’incapacité du Pentagone à rendre compte de milliards de dollars de dépenses, qualifiant cela de « manquement extraordinaire ». Les États-Unis ont subi des pertes importantes au cours des opérations de combat, notamment de nombreux appareils tels que des drones MQ-9 Reaper, des chasseurs d’attaque F-15E et divers avions de soutien.
Pertes importantes
Le remplacement de ces moyens perdus entraînerait des dépenses de plusieurs milliards de dollars. De plus, les États-Unis ont subi des dommages ou des pertes au niveau de leurs systèmes radar, dont chacun coûte des centaines de millions de dollars. Les coûts opérationnels quotidiens des porte-avions et des destroyers sont considérables : 4,9 millions de dollars par jour pour les porte-avions et 600 000 dollars pour les destroyers. Les escadrons aériens embarqués, chargés de mener des milliers de missions contre l’Iran, génèrent des dépenses quotidiennes estimées à 3,8 millions de dollars.
Becca Wasser, responsable de la défense chez Bloomberg Economics, estime que les 39 jours de combat auraient coûté à eux seuls environ 1 milliard de dollars pour deux porte-avions avec leurs escadrons aériens respectifs et 16 destroyers.
Défense antiaérienne
L’Iran a lancé plus de 1 850 missiles balistiques sur des cibles à travers la région, ce qui implique l’utilisation d’environ 4 000 intercepteurs de missiles pour la défense.
Bien que le système PAC-3 soit un élément essentiel de la défense régionale contre les missiles balistiques, la plupart des interceptions auraient été effectuées par les pays du Golfe. La doctrine standard en matière de défense antimissile prévoit le tir d’au moins deux intercepteurs par cible.
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