La réforme des retraites du gouvernement De Wever a été approuvée par la commission parlementaire


Principaux renseignements

  • La commission parlementaire des affaires sociales a approuvé la réforme des retraites proposée par le gouvernement De Wever.
  • Cette réforme renforce le lien entre travail et retraite en instaurant des sanctions et des primes en fonction du nombre d’années travaillées.
  • Le projet encourage le report de la retraite en offrant une augmentation de 5 pour cent des prestations pour chaque année travaillée au-delà de l’âge légal de la retraite, après avoir accumulé 35 ans de service.

La réforme des retraites proposée par le gouvernement De Wever a franchi une étape importante cette semaine, en recevant l’approbation de la commission parlementaire des affaires sociales.

Lien entre la vie active et la retraite

Cette proposition, qui vise à renforcer la viabilité du système de retraite face au vieillissement de la population, a été soutenue par les membres des partis majoritaires. Le parti d’opposition Anders s’est abstenu lors du vote, tandis que les représentants du Vlaams Belang ont voté contre. La réforme va désormais être soumise à une séance plénière pour un examen plus approfondi.

Fondamentalement, la réforme vise à renforcer le lien entre travail et retraite. Parmi les principaux changements figure une « pénalité de retraite » pour les personnes prenant une retraite anticipée sans avoir rempli l’exigence de 35 années de travail à raison d’au moins 156 jours par an. Une allocation de cinq jours pour « jours de difficulté » atténue cette pénalité pour les personnes qui manquent de peu cet objectif. Les périodes de congé pour maternité, soins, maladie et chômage temporaire continuent de compter pour le calcul de ces minimums.

Incitation à la retraite tardive

À l’inverse, une « prime de pension » incite les personnes nées en 1973 ou après à travailler au-delà de l’âge légal de la retraite. Cette prime augmente les prestations de 5 pour cent pour chaque année supplémentaire travaillée, mais uniquement après avoir accumulé 35 années de travail répondant aux critères susmentionnés.

La réforme concerne également certaines professions spécifiques. L’âge de la retraite pour le personnel militaire et certains travailleurs de la SNCB/NMBS passera progressivement de 55-56 ans à 67 ans, s’alignant ainsi sur l’âge général de la retraite. Cet ajustement a suscité un débat en raison de son impact potentiel sur les emplois physiquement exigeants.

Changements pour les fonctionnaires

Les fonctionnaires sont également confrontés à des changements importants. Le calcul des pensions, actuellement basé sur les 10 dernières années de rémunération, évoluera pour englober les 45 dernières années de travail d’ici 2062. Le mécanisme de « péréquation », qui lie les pensions des fonctionnaires retraités aux variations salariales des travailleurs actifs, sera supprimé.

Une nouvelle option de retraite anticipée permet aux personnes ayant 42 ans d’emploi effectif de prendre leur retraite à 60 ans. Le service militaire et le congé de maternité sont pris en compte dans cette période d’éligibilité.

Préoccupations

Les récentes modifications visent à répondre aux préoccupations soulevées par les partis d’opposition et certains membres de la coalition au pouvoir. Les règles applicables aux travailleurs à temps partiel ont été assouplies, leur permettant d’éviter la pénalité de retraite même s’ils ne atteignent pas le seuil de 156 jours. Des ajustements protègent également les fonctionnaires qui prolongent leur carrière mais risquent de subir des pertes de prestations de retraite en raison des nouveaux calculs.

Le congé de naissance pour les pères et les parents adoptifs est désormais pris en compte dans le calcul des 42 ans requis pour le nouveau régime de retraite anticipée.

Opposition publique

Malgré ces changements, la réforme s’est heurtée à une opposition considérable de la part des syndicats et à un tollé général. Les syndicats ont organisé de multiples manifestations et engagé des recours juridiques. Le ministre Jambon a fait l’objet de critiques généralisées, en particulier après une interview télévisée controversée au cours de laquelle il a suggéré que les femmes devraient « s’adapter », suscitant des inquiétudes quant à l’impact disproportionné de la réforme sur les femmes, qui travaillent souvent à temps partiel.

Malgré ce débat controversé, la réforme a été adoptée en deuxième lecture en commission et doit désormais être examinée en séance plénière. Les nouvelles mesures en matière de retraite devraient entrer en vigueur en 2027.

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