Le conflit avec l’Iran met en évidence les faiblesses de l’économie chinoise


Principaux renseignements

  • La hausse des prix de l’énergie provoquée par le conflit avec l’Iran fragilise des secteurs clés de l’économie chinoise, largement axée sur l’industrie manufacturière.
  • Malgré des rapports initiaux suggérant une certaine résilience, la croissance économique de la Chine ralentit, comme en témoignent la baisse des ventes de voitures et l’accumulation des stocks.
  • La hausse des bénéfices dans les secteurs de la chimie et de l’énergie masque une fragilité plus profonde au sein d’autres industries aux prises avec la hausse des coûts et la concurrence mondiale.

Le conflit en cours en Iran commence à révéler les vulnérabilités de l’économie chinoise, malgré ses importantes réserves de pétrole et de gaz naturel. Si ces réserves ont constitué un tampon, l’économie chinoise, tirée par l’industrie manufacturière, est confrontée à des défis croissants.

La hausse des coûts

La hausse des prix de l’énergie due à la guerre exerce une pression supplémentaire sur un marché de consommation déjà atone et affecte des secteurs d’exportation cruciaux. Cette faiblesse se manifeste notamment par la baisse des ventes de voitures, qui ont chuté de manière spectaculaire en mars et avril. De plus, les restaurants et les hôtels enregistrent une baisse de fréquentation, les ménages adoptant des habitudes de consommation plus prudentes.

L’industrie du jouet dans le sud de la Chine est confrontée à de graves difficultés. Des milliers d’ouvriers d’usine ont récemment manifesté après la faillite de leur employeur, due à la flambée des coûts du plastique et aux droits de douane imposés par les États-Unis. Ces événements soulignent que même un pays comme la Chine, doté d’importantes réserves de pétrole et ayant investi dans les énergies renouvelables, n’est pas à l’abri des pressions économiques mondiales générées par le conflit.

Les premières données économiques masquent une faiblesse sous-jacente

Les premières données économiques laissaient penser que la Chine résistait efficacement à l’impact de la guerre. Cependant, à mesure que le conflit persiste, des signes de faiblesse apparaissent. Les ventes et la production automobiles, souvent considérées comme des indicateurs avancés de la santé économique, ont enregistré des baisses significatives.

Si la Chine a annoncé un taux de croissance économique annualisé de 5,3 pour cent pour le premier trimestre, ce chiffre s’explique en grande partie par les bons résultats enregistrés en janvier et février. Les ventes au détail ont ralenti en mars, n’augmentant que de 1,7 pour cent en glissement annuel, et les stocks de marchandises invendues ont continué de s’accumuler. Les économistes préviennent que cette augmentation des stocks pourrait freiner davantage la croissance future.

Des bénéfices tirés des prix de l’énergie

Malgré une forte hausse des bénéfices industriels jusqu’en mars, cette progression est principalement attribuée aux entreprises chimiques et énergétiques qui ont profité de la hausse des prix du pétrole et du gaz due à la constitution de stocks avant la guerre. Cela suggère que l’économie sous-jacente pourrait être plus fragile qu’il n’y paraît à première vue.

L’industrie du jouet brosse un tableau sombre des défis auxquels sont confrontés les fabricants chinois. Les fermetures de plusieurs usines de jouets à Yulin, provoquées par la flambée des coûts du plastique et les pressions existantes liées à la concurrence étrangère et aux droits de douane, ont donné lieu à des manifestations de travailleurs réclamant le paiement des arriérés de salaire et des indemnités. Ces événements soulignent l’interdépendance des marchés mondiaux et la vulnérabilité de certains secteurs face aux fluctuations des prix et à l’instabilité géopolitique.

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