Principaux renseignements
- Les vétos fréquents opposés par certains États membres de l’UE sapent les principes démocratiques de l’Union et entravent sa capacité à agir avec détermination selon Kaja Kallas.
- Le passage du système de prise de décision de l’UE de l’unanimité au vote à la majorité qualifiée se heurte à un cercle vicieux, car la réforme nécessite un accord unanime.
- L’adhésion potentielle de l’Ukraine renforcerait la défense de l’Europe, élargirait son marché et améliorerait son rayonnement mondial.
La haute représentante de l’UE, Kaja Kallas, a critiqué l’impact néfaste des vétos sur les principes démocratiques de l’Union dans une interview accordée à Euronews. Elle a fait valoir que, bien que les traités de l’UE reposent sur l’unanimité, le recours fréquent au veto par certains États membres sape de fait la volonté de la majorité. Selon Kallas, cette pratique entrave la capacité de l’UE à prendre des mesures opportunes et décisives, indispensables dans un monde marqué par des complexités géopolitiques.
Vétos hongrois
La levée de deux vétos hongrois cette semaine – l’un concernant le prêt à l’Ukraine et l’autre les sanctions contre la Russie – a offert une lueur d’espoir pour une approche plus coopérative. Cependant, l’insistance d’Orbán à maintenir son veto pour le processus d’adhésion de l’Ukraine jette une ombre sur les aspirations de Kiev à devenir membre de l’UE.
En revenant sur le long mandat de Viktor Orbán en Hongrie, Kallas s’est dite optimiste quant à une meilleure coopération avec le nouveau gouvernement dirigé par Péter Magyar. Ce dernier a déjà déclaré qu’il examinait les vétos précédemment opposés par la Hongrie, mais qu’il attachait également de l’importance au maintien de cette règle.
L’Ukraine en route vers l’adhésion à l’UE
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a toujours plaidé en faveur d’un calendrier clair pour l’adhésion de l’Ukraine, arguant que le pays mérite le statut de membre à part entière compte tenu de son rôle crucial dans la défense des valeurs européennes face à l’agression russe.
Kallas a apporté son soutien aux ambitions de l’Ukraine, tout en reconnaissant l’importance d’impliquer l’opinion publique des États membres et la nécessité de réformes juridiques en Ukraine. Selon elle, il est essentiel de ne pas envisager les pays candidats uniquement comme des bénéficiaires de l’aide de l’UE, mais comme des contributeurs potentiels à un bloc européen plus fort et plus compétitif.
Selon Kallas, l’adhésion de l’Ukraine renforcerait considérablement les capacités de défense de l’Europe, élargirait son marché unique et, à terme, améliorerait sa position sur la scène mondiale. Elle a conclu en soulignant l’importance stratégique de l’importante force militaire ukrainienne, affirmant que son intégration dans l’UE rendrait sans aucun doute l’Europe plus forte.
Catch-22
Kallas a souligné l’ironie du fait que le passage d’un système fondé sur l’unanimité à un système utilisant le vote à la majorité qualifiée nécessite lui-même un accord unanime – une situation sans issue qui met encore davantage en évidence les défis liés à la réforme des processus décisionnels au sein de l’UE. Vraiment, une situation catch-22.
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