UNIZO critique les nouvelles règles d’ouverture pour les commerces


Principaux renseignements

  • À partir d’aujourd’hui, le gouvernement assouplit les règles relatives aux heures d’ouverture des commerces. En semaine, les magasins pourront rester ouverts jusqu’à 21 heures. L’ouverture le dimanche sera également autorisée pour tous les commerces.
  • Selon l’UNIZO, cela représente surtout une perte pour les commerçants indépendants, car les nouvelles recettes ne compenseront pas les coûts supplémentaires.
  • Le monopole dont bénéficiaient les indépendants le dimanche matin, source de revenus pour beaucoup d’entre eux, est également supprimé.

La nouvelle réglementation sur les heures d’ouverture des commerces ne plaît pas à l’UNIZO, l’Union des entrepreneurs indépendants. Selon Luc Ardies, directeur général du Conseil du commerce au sein de l’UNIZO, ces règles constituent un contrat léonin qui générera peu de nouveaux revenus et entraînera surtout des dépenses supplémentaires. « Les marges dans le secteur du commerce de détail sont déjà serrées et cette mesure n’aide en rien les commerçants dans leur lutte contre le commerce en ligne. »

Quels sont les changements ?

Les magasins pourront bientôt rester ouverts jusqu’à 21 heures les jours de semaine ordinaires. Ils pourront également ouvrir toute la journée le dimanche. Il s’agit d’un assouplissement des règles actuelles en matière de commerce de détail. Jusqu’à présent, l’ouverture jusqu’à 21 heures n’était autorisée que le vendredi ou les jours précédant un jour férié légal. De plus, un magasin ne peut pas ouvrir n’importe quel dimanche. En Belgique, le travail le dimanche est en principe interdit. Les travailleurs ont droit à un jour de repos hebdomadaire de 35 heures consécutives (dimanche compris). Des exceptions s’appliquaient au commerce de détail, qui pouvait faire travailler du personnel le dimanche matin. Un assouplissement de ces règles est adopté aujourd’hui au Parlement fédéral.

Peu de revenus supplémentaires

Ardies déplore cette nouvelle réglementation : « Pour les commerçants indépendants, il n’y a en réalité rien à y gagner. Cette mesure n’apportera pas de revenus supplémentaires, mais entraînera un décalage du chiffre d’affaires. Les gens ne feront pas un tour de plus au magasin après 20 h ; ils viendront simplement plus tard. Ce que cette heure supplémentaire implique, ce sont des frais d’énergie supplémentaires pour le local commercial et des frais de personnel supplémentaires. La facture d’énergie a déjà considérablement augmenté ces derniers temps.

La proposition initiale de la ministre Eléonore Simonet (MR) date de l’été dernier et avait déjà suscité des réactions mitigées à l’époque. Ainsi, les employés de plusieurs magasins Aldi ont spontanément cessé le travail en début de semaine. « Les grandes chaînes n’en ont pas non plus envie », explique Ardies. « Pour elles, la logique est la même : un chiffre d’affaires identique, mais des coûts énergétiques et de personnel plus élevés. Seulement, elles ont une maison mère pour combler ce déficit. »

Ouverture le dimanche

Le monopole dont bénéficiaient autrefois les indépendants le dimanche matin va donc également disparaître. Avant midi, ils pouvaient employer du personnel alors que la plupart des autres magasins étaient fermés. Même si tous les grands magasins ne respectaient pas ces règles.

Pour des raisons de concurrence, les indépendants ne peuvent pas rester à la traîne. Si les grandes chaînes sont ouvertes tout le dimanche, ils devront suivre le mouvement ou risqueront de perdre un segment de marché. « L’ouverture le dimanche entraîne également des pertes », affirme Ardies, « car la législation du travail ne suit pas. Il est inabordable pour un indépendant d’employer du personnel tout un dimanche. Les quelques consommateurs qui font la grasse matinée et souhaitent encore faire leurs courses le dimanche après-midi ne peuvent jamais compenser ces coûts. »

Lutter contre le commerce en ligne

« Le principal avantage dont disposait le commerçant local face aux grossistes chinois et américains est le service personnalisé, et celui-ci est désormais soumis à une pression supplémentaire », poursuit Ardies. « Les consommateurs belges apprécient le service personnalisé, mais dans les franchises où les prix sont prioritaires, les frais de personnel sont le seul poste où il est encore possible de faire des économies. » Il faudra davantage faire appel à des travailleurs flexi-jobs et à des étudiants, ce qui n’est pas négatif en soi, mais qui a une incidence sur l’expertise pouvant être offerte au client. Ce qui donnait de l’assurance aux indépendants va désormais devenir leur principale préoccupation.

« Pour soutenir véritablement les commerçants locaux dans leur lutte contre le commerce en ligne, qui fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, d’autres mesures sont nécessaires. On ne résout pas ce problème avec quelques heures supplémentaires par semaine », conclut Ardies. « Si l’on avait vraiment voulu faire quelque chose pour continuer à garantir ce service personnalisé dans un secteur à forte intensité de main-d’œuvre comme le commerce de détail, le gouvernement aurait dû s’attaquer à la fiscalité du travail. » La Belgique est à nouveau championne du monde en matière de prélèvements fiscaux. Plus de 50 pour cent des salaires sont reversés au Trésor public belge.

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