Principaux renseignements
- L’OTAN pourrait remplacer sa flotte vieillissante d’AWACS Boeing E-3A Sentry par la plateforme AEW&C GlobalEye de Saab.
- Ce contrat potentiel marque un tournant majeur par rapport à Boeing, puisqu’il s’agit de la première solution non-Boeing pour la surveillance aérienne de l’OTAN depuis près de quatre décennies.
- Le GlobalEye de Saab affiche des performances impressionnantes et bénéficie d’une clientèle croissante, ce qui renforce sa position face à la concurrence.
L’Agence de soutien et d’approvisionnement de l’OTAN (NSPA) aurait attribué un contrat visant à remplacer la flotte vieillissante d’avions AWACS Boeing E-3A Sentry de l’alliance. Les soumissionnaires potentiels sont la société suédoise Saab et la société canadienne Bombardier, qui fourniraient leur plateforme AEW&C GlobalEye. Cette information provient de la publication française spécialisée dans la défense, La Lettre.
Saab et Bombardier
Si elle est confirmée, cette attribution marquerait un changement significatif dans la stratégie de surveillance aérienne de l’OTAN. Après le retrait du soutien des États-Unis au Boeing E-7A Wedgetail, cette décision ouvre la voie à Saab et Bombardier pour fournir une solution non-Boeing pour la première fois en près de quatre décennies.
La flotte actuelle de 14 appareils Boeing E-3A Sentry, stationnés à la base aérienne de l’OTAN de Geilenkirchen en Allemagne, est opérationnelle depuis 1982. Les plans visant à les remplacer ont débuté en 2016 dans le cadre du programme Alliance Future Surveillance and Control (AFSC). Au départ, le Boeing E-7A Wedgetail avait été choisi comme successeur, avec six appareils dont la livraison était prévue à partir de 2031.
Retrait du financement américain
Cependant, la décision de l’US Air Force de donner la priorité aux capacités de surveillance spatiale a conduit à la suppression du financement de l’E-7A dans son budget pour l’exercice 2026. En conséquence, les autres pays partenaires ont renoncé à l’acquisition du Wedgetail, invoquant une perte de justification tant stratégique que financière.
Le ministère néerlandais de la Défense a souligné l’importance d’investir dans l’industrie européenne, ce qui pourrait renforcer le GlobalEye de Saab en tant qu’alternative politiquement plus acceptable. En février 2026, l’OTAN avait fait passer le programme AFSC à sa phase de développement, présentant l’effort de remplacement comme un « système de systèmes » complet.
GlobalEye de Saab
Saab a proposé pour la première fois le GlobalEye pour le remplacement des AWACS de l’OTAN en février 2023. Cette plateforme exploite le radar Erieye Extended Range monté sur un avion d’affaires Bombardier Global 6000. Contrairement au rotodôme rotatif de l’E-3A, l’Erieye utilise un radar AESA en configuration fixe au sommet du fuselage pour une détection plus rapide des cibles.
Le GlobalEye affiche des performances impressionnantes, notamment une autonomie supérieure à 13 heures et une vitesse maximale de 450 nœuds (833 km/h). Saab affirme qu’il peut opérer à partir d’aérodromes dotés de pistes plus courtes et dispose d’une capacité de production pouvant atteindre trois appareils par an.
Une clientèle croissante
Le GlobalEye de Saab bénéficie déjà d’une clientèle croissante, comprenant la Suède, les Émirats arabes unis et, récemment, la France. Ce succès renforce la position de Saab dans la course au remplacement des AWACS de l’OTAN. De plus, le Canada envisage d’acquérir des GlobalEye pour sa propre armée de l’air, éventuellement aux côtés des avions de chasse Gripen, une décision qui revêt une importance politique considérable compte tenu des tensions actuelles avec les États-Unis.
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