Principaux renseignements
- La défaite électorale de Viktor Orbán oblige les partis d’extrême droite européens à reconsidérer leur alliance avec l’administration Trump.
- Les partis d’extrême droite européens s’efforcent de trouver le moyen de gérer leurs relations avec l’administration Trump tout en préservant leurs propres intérêts nationaux.
- Les craintes d’un retour de bâton politique et les actions controversées de Trump poussent l’extrême droite européenne à s’éloigner de son leadership.
La défaite cuisante de Viktor Orbán aux élections hongroises a incité les partis d’extrême droite européens à reconsidérer leur association avec l’administration Trump. Auparavant, le modèle d’autoritarisme illibéral d’Orbán servait de référence aux groupes nationalistes du monde entier, y compris en Europe et aux États-Unis. Cependant, la défaite d’Orbán a soulevé des questions quant à la viabilité d’un alignement sur les politiques de Trump. C’est ce qu’écrit Bloomberg dans une analyse.
Réévaluation des alliances
Cette réévaluation intervient à un moment critique pour le mouvement nationaliste en Europe. L’extrême droite est confrontée à des défis dans divers pays, tels que l’effondrement du principal parti nationaliste néerlandais l’année dernière et la prochaine élection présidentielle française où l’extrême droite est actuellement en tête dans les sondages. Les partis d’extrême droite européens s’efforcent de trouver le moyen de gérer leurs relations avec l’administration Trump tout en préservant leurs propres intérêts nationaux.
Certaines figures du mouvement, comme Louis Aliot du Rassemblement national français, prônent de mettre l’accent sur les divergences avec l’agenda américain et de promouvoir des politiques qui trouvent un écho auprès des électeurs européens. D’autres, comme le ministre belge de la Défense Theo Francken, se montrent plus critiques, suggérant que l’engagement international de l’administration Trump a été préjudiciable à ses alliés.
Hégémonie américaine
Une source anonyme au sein du Rassemblement national a évoqué la lassitude des électeurs et l’association d’Orbán avec Trump comme facteurs potentiels ayant contribué à sa défaite. Les actions de l’administration américaine actuelle, notamment la guerre contre l’Iran, ont suscité de l’inquiétude et de l’impopularité à l’échelle mondiale, ce qui a pu influencer les électeurs en Hongrie.
L’administration Trump s’est activement employée à renforcer ses liens avec des mouvements partageant les mêmes idées en Europe, les considérant comme essentiels pour réaffirmer l’hégémonie américaine. Sa stratégie de sécurité nationale vise explicitement à soutenir la résistance contre ce qu’elle perçoit comme une trajectoire néfaste pour l’Europe, s’alignant ainsi davantage sur les idéologies d’extrême droite.
Inquiétudes quant aux coûts politiques
Cependant, l’AfD en Allemagne, qui s’était auparavant étroitement alignée sur Trump et son mouvement MAGA, réévalue désormais sa position en raison d’inquiétudes quant aux coûts politiques potentiels. La défaite d’Orbán sert d’exemple édifiant, soulignant les risques associés au fait d’être perçu comme trop proche de Trump.
Le désengagement de l’AfD vis-à-vis de Trump est devenu évident lorsque le président américain a mené des actions controversées, telles que la tentative d’acquisition du Groenland et la menace d’une intervention militaire au Venezuela. Ces événements ont conduit Alice Weidel, co-présidente de l’AfD, à critiquer Trump pour avoir rompu sa promesse d’éviter les interventions étrangères.
Critiques du style de leadership de Trump
Weidel a en outre condamné la guerre de Trump contre l’Iran, la qualifiant de catastrophe mal planifiée. Ces commentaires reflètent le malaise croissant au sein de l’extrême droite européenne face au style de leadership et aux politiques de Trump. Bien qu’ils partagent des points communs sur des questions telles que l’immigration et l’application de la loi, ils se méfient de s’aligner sur un dirigeant connu pour sa rhétorique et ses actions agressives.
Les sondages d’opinion montrent systématiquement qu’une majorité d’électeurs européens ont une opinion défavorable de Trump. La Première ministre italienne Giorgia Meloni a adopté une approche prudente à l’égard de Trump, modérant ces derniers mois le soutien public de son parti tant à Orban qu’au président américain. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

