Viktor Orbán utilise le football pour façonner son image politique en Hongrie


Principaux renseignements

  • Viktor Orbán utilise le football pour promouvoir le nationalisme hongrois et renforcer son image politique.
  • La création de la Puskás Akadémia illustre l’ambition d’Orbán de rehausser le statut du football hongrois.
  • Les détracteurs affirment que le financement du football par le gouvernement d’Orbán détourne l’attention des préoccupations économiques et engendre du favoritisme au sein de ce sport.

Selon une analyse de Politico, l’ascension au pouvoir de Viktor Orbán en Hongrie est étroitement liée à sa passion de toujours pour le football, . Son parcours, depuis ses humbles débuts dans un village jusqu’à son accession au poste de Premier ministre, qu’il occupe depuis longtemps, se reflète dans ses efforts pour rehausser la position de la Hongrie sur la scène internationale du football.

Le football comme outil politique

L’amour d’Orbán pour ce sport était déjà évident dès sa jeunesse. Il rêvait de devenir footballeur professionnel et, bien qu’il n’ait pas tout à fait atteint ce niveau, il a continué à jouer en semi-professionnel tout en étudiant le droit à Budapest. Cette passion pour le jeu allait plus tard façonner sa stratégie politique.

Inspiré par la manière dont Silvio Berlusconi a utilisé l’AC Milan pour renforcer son image politique, Orbán a cherché à reproduire ce modèle en Hongrie. Il considérait le football comme un outil puissant pour forger l’identité nationale, inculquer la discipline et la fierté, et, en fin de compte, rehausser le prestige de la Hongrie.

Il a fondé la Puskás Akadémia, un club de football professionnel portant le nom du légendaire footballeur hongrois Ferenc Puskás, dont la « Golden Team » a captivé le monde dans les années 1950. Le stade de l’équipe, la Pancho Arena, est un symbole de l’ambition et du pouvoir d’Orbán. Sa grandeur architecturale, témoigne de sa vision de l’avenir du football hongrois.

Financement public et critiques

L’influence d’Orbán s’étend bien au-delà de la Puskás Akadémia. Il a utilisé des fonds publics et des allègements fiscaux (via un dispositif connu sous le nom de TAO) pour soutenir d’autres clubs et centres de formation, entremêlant ainsi le sport et son programme politique.

Cette approche n’a pas été sans susciter de critiques. Ses opposants affirment que l’utilisation du football par Orbán sert à détourner l’attention des problèmes économiques urgents et favorise le népotisme au sein du sport. Ils soulignent le manque de transparence du financement du TAO et se demandent si l’argent alloué profite réellement aux jeunes footballeurs ou s’il ne sert qu’à enrichir les proches d’Orbán.

L’héritage footballistique d’Orbán

Alors qu’Orbán fait face à une rude bataille pour sa réélection contre Péter Magyar, qui a axé sa campagne sur les questions de fond et promis de construire une « Hongrie moderne et européenne », l’avenir de son héritage footballistique reste incertain.

Alors qu’Orbán continue de rêver de restaurer les jours de gloire de la Hongrie sur le terrain, la question reste de savoir si son plan d’action politique s’avérera finalement couronné de succès. Le résultat de l’élection pourrait déterminer si le football hongrois restera un outil au service de l’ambition nationale ou deviendra un symbole du règne controversé d’Orbán. (fc)

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