Le MR ne renonce pas à son combat pour un système de cliquet inversé : « Nous bloquerons les dossiers si rien n’est fait »

En raison de la hausse des prix de l’énergie, l’État perçoit davantage de recettes provenant des accises sur le diesel et l’essence. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, souhaite donc que le gouvernement mette en place un système de cliquet inversé. Grâce à un tel système, la pression fiscale sur les carburants diminue lorsque les prix augmentent. Les libéraux francophones menacent même désormais de bloquer certains dossiers si rien n’est fait.


Principaux renseignements

  • Le MR souhaite mettre en place un système de cliquet inversé afin de rendre les carburants moins chers en cas de hausse des prix et menace de bloquer des dossiers si rien n’est fait.
  • Le gouvernement est divisé : le Premier ministre Bart De Wever craint que de telles mesures ne fassent encore plus dérailler le budget.
  • Les Engagés plaident eux aussi en faveur de mesures visant à faire baisser les prix de l’énergie, notamment des plafonds de prix et des mesures de soutien.

Explication : qu’est-ce que le système de cliquet inversé ?

  • Le « cliquet inversé » est un mécanisme fiscal qui permet de réduire les accises sur les carburants lorsque les prix à la pompe dépassent un certain plafond. Cela vise à protéger à la fois les ménages et les entreprises en cas de crise énergétique.

Le MR continue de plaider pour l’introduction du système de cliquet inversé

Dans l’actualité : Le système de cliquet inversé reste un sujet de discorde pour le MR.

  • David Clarinval (MR), ministre de l’Économie, a déjà soumis cette proposition au gouvernement à la mi-mars. Mais tout le monde n’est pas prêt à adopter ce système.
  • Le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) redoute par-dessus tout de prendre des mesures susceptibles de faire (encore) dérailler le budget. « Plaider aujourd’hui en faveur de larges cadeaux n’est guère réaliste. Contrairement aux Pays-Bas, nous ne disposons pas d’un déficit maîtrisable qui nous permette de consentir de grands efforts. Le faire nous mettrait sur la voie de Vivaldi. La voie qui mène au naufrage du Titanic », a-t-il récemment déclaré.
    • Un rapport du Comité de suivi publié le mois dernier révèle que le déficit budgétaire belge atteindra pas moins de 40 milliards d’euros d’ici 2029.
  • Pourtant, les libéraux francophones ne veulent pas renoncer à leur revendication. Mieux encore, Bouchez va désormais un peu plus loin et se dit prêt à bloquer des dossiers si le gouvernement ne fait rien contre la hausse des prix des carburants.
    • « Cela doit être abordé vendredi en Conseil des ministres », a déclaré Bouchez. « Sinon, nous bloquerons d’autres dossiers. » Il appelle les autres partis au pouvoir, et en particulier les partenaires de la coalition flamande, à « agir dans l’intérêt de tout le pays ».
    • Le président du MR est d’ailleurs convaincu que le système de cliquet inversé ne coûtera rien au gouvernement, car celui-ci pourra utiliser les recettes supplémentaires provenant des accises sur les carburants pour le financer. Selon lui, la TVA et les accises sur le diesel et l’essence ont déjà rapporté quelque 60 millions d’euros à l’État depuis le début de la guerre contre l’Iran.

Les Engagés souhaitent eux aussi que des mesures soient prises

Autre chose : Les Engagés font également entendre leur voix.

  • Les chrétiens-démocrates francophones souhaitent mettre en place dès que possible quatre mesures qui auraient un impact limité sur les finances publiques. Tout comme le MR, ils sont également favorables à un système de cliquet inversé.
  • Par ailleurs, le parti plaide pour le plafonnement des prix du gaz et de l’électricité pour les particuliers en cas de flambée des prix, le contrôle des « profits excessifs » dans le secteur de l’énergie, et des mesures ciblées pour les groupes les plus vulnérables.

À noter : Maxime Prévot (Les Engagés), ministre des Affaires étrangères, a semé la panique parmi les Belges plus tôt dans la journée.

  • Il les a appelés à adapter leur consommation d’énergie car « l’approvisionnement est menacé ». Ce matin, il a nuancé ce message lors d’une interview à l’émission de radio de la VRT De Ochtend. « À court terme, notre approvisionnement énergétique n’est pas menacé. Je n’avais pas l’intention de semer la panique. Mais nous devons rester prudents, anticiper et nous préparer », a-t-il déclaré.

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Plus