Principaux renseignements
- Des satellites russes recueillent activement des renseignements sur des sites militaires américains et alliés stratégiques au Moyen-Orient.
- Ces activités de reconnaissance constituent une menace sérieuse pour la sécurité mondiale. Car elles pourraient permettre à l’Iran de mener des attaques contre les intérêts occidentaux.
- Le président russe Vladimir Poutine utilise l’échange de renseignements comme une stratégie pour détourner l’attention de l’Ukraine.
Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, des satellites russes seraient utilisés pour espionner des sites militaires américains et alliés au Moyen-Orient et dans le golfe Persique. Cette collecte de renseignements aurait été menée à la demande de l’Iran. Selon les informations des services de renseignement ukrainiens, des satellites russes auraient photographié une série de cibles importantes pendant trois jours à la fin du mois de mars.
Sites ciblés
Parmi ceux-ci figuraient la base militaire conjointe américano-britannique de Diego Garcia, l’aéroport international du Koweït, certaines parties du champ pétrolier de Greater Burgan, la base aérienne Prince Sultan en Arabie saoudite, le champ pétrolier et gazier de Shaybah, la base aérienne d’Incirlik en Turquie et la base aérienne d’Al Udeid au Qatar.
Zelensky a qualifié cette mission de reconnaissance de menace directe pour la sécurité mondiale. Il a également remis en question les récentes mesures internationales visant à alléger la pression économique sur la Russie. Selon Zelensky, les actions de la Russie profiteraient à l’Iran, qui utilise ces renseignements pour préparer d’éventuelles attaques contre des intérêts occidentaux.
Confirmation
Une enquête indépendante menée par Militarnyi a confirmé le rapport des services de renseignement ukrainiens. L’analyse des données publiques relatives aux mouvements des satellites a révélé que le satellite radar à ouverture synthétique (SAR) russe « Neutron » avait survolé Diego Garcia à deux reprises le 24 mars. Bien que Moscou classe officiellement le « Neutron » comme un appareil technologique destiné à des tests de rayonnement, les données des services de renseignement occidentaux et de l’observation spatiale indiquent qu’il s’agit d’un satellite de reconnaissance très sophistiqué.
On a lancé “Neutron” début 2022 sur une orbite haute. Il offre une résolution d’image maximale pour un champ de vision plus large que les satellites en orbite basse. Les capacités exactes du satellite restent toutefois secrètes. On suppose néanmoins que le satellite est construit sur la plateforme « Kondor » et utilise un radar SAR en bande S. Celui-ci est capable de capturer des images à haute résolution à travers la couverture nuageuse.
Capacités spatiales
Cette découverte met en évidence les vastes capacités spatiales que la Russie met à contribution pour soutenir l’Iran. La Russie dispose d’une flotte d’au moins 17 satellites optiques, cinq satellites SAR et huit satellites de renseignement électronique (SIGINT), auxquels s’ajoute un nombre inconnu d’engins spatiaux civils à double usage.
Cette découverte fait écho aux récentes mises en garde de diplomates européens concernant l’alliance de plus en plus étroite entre Moscou et Téhéran. Quelques jours plus tôt seulement, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, avait déclaré que la Russie aidait l’Iran à identifier des cibles potentielles pour des attaques. Cet échange de renseignements est considéré comme une stratégie du dirigeant russe Vladimir Poutine visant à faire monter les tensions au Moyen-Orient et à détourner l’attention de l’Occident de l’Ukraine. (ev)(fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

