Principaux renseignements
- L’effort de guerre de l’Ukraine est menacé de manière imminente en raison de l’épuisement de ses ressources financières et du ralentissement de l’aide internationale.
- Il est crucial pour l’Ukraine d’obtenir un soutien financier supplémentaire afin de poursuivre sa lutte contre la Russie.
- Sans une intervention urgente de l’UE, du FMI et des alliés de l’OTAN, l’Ukraine risque de connaître une grave crise financière dès le mois d’avril.
La capacité de l’Ukraine à poursuivre son effort de guerre contre la Russie est gravement menacée en raison de l’épuisement de ses ressources financières et du fléchissement de l’aide internationale. Selon les estimations actuelles, les fonds de Kiev ne dureront que jusqu’en juin, ce qui souligne l’urgence d’obtenir un soutien financier supplémentaire. Alors que les alliés occidentaux ont joué un rôle déterminant dans le soutien apporté à l’Ukraine depuis plus de quatre ans, les récents revers ont considérablement réduit la marge de manœuvre financière du pays.
Les difficultés de financement s’accumulent
Le veto de la Hongrie sur un programme de prêts de l’Union européenne de 90 milliards d’euros, les désaccords autour d’un programme d’aide du Fonds monétaire international et une initiative de l’OTAN en matière d’armement qui peine à se concrétiser ont tous contribué à cette situation précaire. Le gouverneur de la banque centrale ukrainienne a averti que sans aide internationale, des prêts directs au ministère des Finances pourraient s’avérer nécessaires pour couvrir des dépenses essentielles telles que les salaires des soldats et des civils.
De plus, les États-Unis ont considérablement réduit leur aide directe à l’Ukraine depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, laissant aux pays européens le soin d’assumer la charge du soutien financier et militaire.
Le plan de prêt de l’UE se heurte à des obstacles
Le plan de prêt de 90 milliards d’euros de l’UE, crucial pour la survie de l’Ukraine, est actuellement dans l’impasse en raison de l’insistance de la Hongrie à reprendre le transit du pétrole russe à travers le territoire ukrainien via l’oléoduc Druzhba. Alors que le ministre des Finances ukrainien exprime l’espoir d’un décaissement rapide, le sort du prêt reste incertain jusqu’après les élections hongroises d’avril.
L’impasse sur le prêt de l’UE complique les efforts visant à obtenir un financement supplémentaire de 30 milliards d’euros auprès d’autres pays, y compris les membres du G7, lors des prochaines réunions du FMI à Washington.
Versements du prêt du FMI menacés
La pression est encore accentuée par les difficultés de l’Ukraine à remplir les conditions d’un récent programme de prêt de 8,1 milliards de dollars (7 milliards d’euros) accordé par le FMI. Les retards pris par le Parlement ukrainien dans l’adoption de la législation fiscale nécessaire menacent les versements futurs dans le cadre de ce programme quadriennal. Bien qu’il reste du temps avant la prochaine évaluation en juin, le temps presse pour que Kiev mette en œuvre les réformes requises.
L’Ukraine rencontre également des difficultés pour obtenir le financement nécessaire à l’achat d’armes américaines dans le cadre de l’Initiative d’aide à la sécurité de l’Ukraine (USAI) du Pentagone. Seule une poignée d’alliés de l’OTAN contribuant de manière significative à ce programme, les efforts de Kiev pour réunir les 15 milliards de dollars (13 milliards d’euros) estimés nécessaires à l’achat d’armes américaines cette année s’avèrent de plus en plus difficiles.
Au total, l’Ukraine a besoin d’une aide étrangère substantielle de 52 milliards de dollars (45 milliards d’euros) pour 2026. Si ces déficits de financement persistent, le pays risque de faire face à une grave crise financière dès le mois d’avril, selon des responsables ukrainiens. (fc)
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