La guerre au Moyen-Orient menace l’approvisionnement en engrais de l’Inde


Principaux renseignements

  • L’Inde risque de connaître des pénuries d’engrais en raison de la perturbation des voies maritimes due au conflit au Moyen-Orient.
  • Une guerre prolongée menace l’approvisionnement à long terme en engrais, en particulier en urée, essentielle pour les cultures de base.
  • L’Inde cherche des fournisseurs alternatifs, tels que la Russie et la Biélorussie, afin de diversifier ses importations et d’atténuer l’impact des perturbations.

La guerre au Moyen-Orient a perturbé les voies maritimes, mettant à rude épreuve l’approvisionnement en engrais de l’Inde. En tant que deuxième plus grand consommateur mondial d’engrais, l’Inde dépend fortement des importations tant pour les matières premières que pour les produits finis, dont une grande partie provient de la région du Golfe et transite par le détroit d’Ormuz.

Inquiétudes concernant l’approvisionnement à long terme

Le Premier ministre Narendra Modi a assuré au public que son gouvernement prenait des mesures pour garantir un approvisionnement régulier en engrais et protéger les agriculteurs de toute répercussion potentielle. Si les stocks actuels sont jugés suffisants pour la prochaine saison des semis, les experts préviennent qu’un conflit prolongé pourrait entraîner des pénuries plus tard dans l’année.

Les engrais azotés, surtout l’urée, constituent le socle de l’agriculture indienne. De nombreuses cultures de base, comme le riz et le blé, réclament cet apport en azote pour prospérer. L’Inde consomme annuellement près de quarante millions de tonnes d’urée, que le gouvernement subventionne massivement. Pourtant, toute rupture d’approvisionnement pèserait lourdement sur les choix de semis des agriculteurs. Pour l’instant, les producteurs des grands États céréaliers comme le Pendjab et l’Haryana ne signalent aucun stress immédiat. Ils poursuivent ainsi leurs préparatifs pour la saison des semis de juin-juillet.

Les agriculteurs s’inquiètent des stocks disponibles

Les coopératives et les fabricants disposent de stocks, mais l’inquiétude persiste. Les agriculteurs redoutent une pénurie à long terme si la guerre se poursuit. Selon les données gouvernementales, l’Inde possédait environ 6,2 millions de tonnes d’urée au 19 mars. Les experts jugent cette réserve suffisante pour la saison de la mousson, de juin à septembre, bien que cela vaille uniquement pour des circonstances normales.

Cependant, des perturbations prolongées aggravent rapidement la situation. Siraj Hussain, ancien secrétaire à l’Agriculture, prévient que la production indienne encaisse des coups. Il presse le gouvernement de contrer les pénuries d’urée et d’autres engrais. Deux dirigeants du secteur, sous couvert d’anonymat, anticipent aussi des manques plus tard dans la saison si le conflit persiste.

Contraintes d’approvisionnement en gaz

Cette perturbation provoque d’autres secousses, car l’Inde importe le gaz naturel pour produire son urée. Environ 85 pour cent de cette ressource provient de la région du Golfe. À la suite d’un décret gouvernemental, les usines ne reçoivent plus que 70 pour cent de leurs besoins en gaz. Cette situation force ainsi certains fabricants à réduire leur production.

Parallèlement, les prix mondiaux des engrais grimpent en flèche à cause du coût élevé du gaz en Asie. Narendra Modi affirme que l’Inde augmente sa production nationale et diversifie ses importations. Le pays veut réduire sa dépendance envers quelques fournisseurs. Enfin, le ministre de l’Agriculture, Shivraj Singh Chouhan, ordonne aux responsables de garantir une distribution équitable et continue.

L’Inde cherche d’autres fournisseurs

L’Inde maintient une approche diversifiée en matière d’importations d’engrais et continue de dialoguer avec divers pays, selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Randhir Jaiswal. Le pays envisage d’augmenter ses achats auprès de la Russie, de la Biélorussie et du Maroc avant la saison des semis estivale.

Des entreprises indiennes importent individuellement, mais elles négocient souvent collectivement avec les fournisseurs étrangers. La réglementation stricte du secteur et les subventions gouvernementales pour la vente au détail aux agriculteurs imposent cette approche. (fc)

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