Le conflit en Iran attise les craintes inflationnistes : comment les banques centrales vont-elles réagir ?


Principaux renseignements

  • Le conflit en Iran accentue les craintes mondiales d’inflation, rendant moins probable toute baisse des taux d’intérêt cette année.
  • Les banques centrales du monde entier surveillent de près la situation afin d’évaluer les répercussions inflationnistes potentielles sur les prix des matières premières.
  • Ils s’attendent notamment à ce que la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre relèvent leurs taux d’intérêt dans le courant de l’année.

Les craintes d’inflation mondiale s’intensifient en raison du conflit en Iran, remettant en question les espoirs de baisses des taux d’intérêt cette année. Les principales banques centrales, notamment la Réserve fédérale américaine, la BCE et la Banque d’Angleterre, se réunissent cette semaine pour discuter de leur politique monétaire.

Perspectives économiques révisées

Bien que la situation économique se soit améliorée depuis la flambée d’inflation provoquée par la pandémie en 2021-2022, les économistes révisent leurs prévisions d’inflation à la hausse tout en abaissant leurs projections de croissance. Cette inquiétude découle d’une hausse potentiellement prolongée des prix des matières premières, qui pourrait alimenter les anticipations de prix à la consommation et compromettre les objectifs des banques centrales.

Les experts avertissent que les banques centrales ne peuvent se permettre de minimiser les risques compte tenu de l’expérience récente en matière d’inflation persistante. L’impact du conflit sur les prix du pétrole et du gaz, associé à d’éventuelles pénuries d’engrais, suscite de vives inquiétudes quant aux pressions inflationnistes.

Les marchés s’attendent à des hausses des taux d’intérêt

Les anticipations du marché concernant les hausses de taux d’intérêt ont évolué en réponse à ces développements. Les opérateurs s’attendent désormais à au moins une hausse des taux de la BCE cette année, tandis que la possibilité d’une hausse de la BoE gagne également du terrain. En revanche, avant l’escalade du conflit, les marchés prévoyaient plusieurs baisses de taux de la BoE et s’attendaient à ce que la BCE maintienne ses taux inchangés.

Bien qu’ils soient exportateurs nets d’énergie, les États-Unis ne sont pas à l’abri des pressions inflationnistes. Alors que les prix de l’essence ont bondi, les anticipations du marché concernant le calendrier des futures baisses de taux de la Fed ont été considérablement révisées.

Un choc énergétique moins important qu’en 2022

Certains économistes affirment que ce choc des prix de l’énergie diffère de celui déclenché par l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 en raison d’une politique monétaire plus restrictive, de déficits budgétaires réduits et d’un marché de l’emploi moins dynamique. Cependant, l’ampleur et la durée du conflit restent des facteurs cruciaux.

Les banques centrales sont pleinement conscientes de la nécessité d’éviter de répéter leur diagnostic d’inflation « transitoire » de 2022. Elles sont susceptibles d’adopter une approche prudente, mettant l’accent sur la vigilance et la préparation à réagir si nécessaire. (fc)

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