Principaux renseignements
- L’Ukraine vise à moderniser son armée de l’air avec jusqu’à 250 nouveaux avions de combat provenant de Suède, de France et éventuellement des États-Unis.
- Le financement de cette acquisition et la garantie de sa viabilité à long terme constituent des défis importants pour cet effort de modernisation.
- L’Ukraine doit trouver une solution à ses besoins en matière de suppression des défenses aériennes ennemies, car ses avions actuels ne sont pas compatibles avec les missiles guidés anti-radar modernes.
L’Ukraine entreprend une modernisation importante de son armée de l’air, avec pour objectif l’acquisition de 250 nouveaux avions de combat. Ce plan ambitieux comprend l’achat de Saab JAS-39E/F Gripens à la Suède et de Dassault Rafale C/D à la France. La possibilité d’acquérir des Lockheed Martin F-16C/D Block 70 aux États-Unis existe également.
Financement ?
Cependant, des défis importants subsistent. Le financement de l’acquisition de ces avions de pointe, qui coûtera des dizaines de milliards de dollars, constitue un obstacle majeur. Il est tout aussi important d’assurer la durabilité à long terme de l’armée de l’air modernisée.
Bien que l’Ukraine ait signé des lettres d’intention avec la France et la Suède pour le Rafale et le Gripen, respectivement, les quantités pourraient être inférieures à celles initialement souhaitées. Aucun accord n’a été conclu avec les États-Unis concernant le F-16, peut-être en raison des relations tendues entre l’administration Trump et ses alliés traditionnels.
Quel sera le rôle des nouveaux chasseurs à l’arme blanche ?
Une question cruciale concerne la mission de suppression des défenses aériennes ennemies (SEAD), actuellement assurée par des MiG-29 et des Su-27 modernisés équipés de missiles anti-radars à grande vitesse AGM-88 américains. On ne sait pas encore lequel des nouveaux types d’avions assumera ce rôle essentiel.
Actuellement, ni le Rafale ni le Gripen ne sont compatibles avec les missiles antiradiations guidés (ARGM) modernes tels que l’HARM américain ou son successeur, l’AGM-88E Advanced Anti-Radiation Guided Missile. Cette limitation pourrait contraindre l’Ukraine à conserver des avions plus anciens pour ses missions SEAD.
Les responsables français se sont engagés à développer un nouvel ARGM pour le Rafale, dont le déploiement est prévu dans les années 2030. Les responsables suédois ont discuté de l’intégration d’un ARGM non spécifié, probablement l’AGM-88E, sur le Gripen à peu près au même moment.
Besoin de SEAD
Malgré ces promesses, le développement et le déploiement effectifs d’ARGM pour ces avions restent incertains en raison des coûts élevés qu’ils impliquent.
Le besoin d’une capacité SEAD efficace au sein de l’armée de l’air ukrainienne est indéniable. Les défenses aériennes russes avancées constituent une menace constante pour les avions ukrainiens dans tout le pays. Pour que l’armée de l’air ukrainienne puisse opérer efficacement et conserver sa liberté d’action, elle doit donner la priorité à ses capacités SEAD et éventuellement les développer. La question de savoir comment y parvenir, compte tenu des limites des acquisitions d’avions prévues, reste un défi crucial.
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