En raison de la guerre en Iran, des voix s’élèvent au sein de la BCE pour demander une augmentation des taux d’intérêt dès que possible


Principaux renseignements

  • La hausse des prix du pétrole et du gaz due à la situation en Iran pousse la Banque centrale européenne (BCE) à envisager une augmentation plus rapide des taux d’intérêt.
  • La BCE souhaite éviter de répéter sa lenteur à réagir à l’inflation post-pandémique, qui a nécessité des mesures drastiques par la suite.
  • Les faucons de la BCE, encouragés par les anticipations du marché et les changements possibles à la tête de l’institution, préconisent une action décisive contre l’inflation.

La récente flambée des prix du pétrole et du gaz, déclenchée par les événements en Iran, a ravivé le sentiment d’urgence parmi les membres faucons de la BCE. Ces décideurs politiques souhaitent éviter de répéter la lenteur de la réponse politique à la flambée de l’inflation post-pandémique, qui, selon eux, a finalement contraint la BCE à prendre des mesures drastiques en 2022.

Le débat s’intensifie

Le débat au sein du Conseil des gouverneurs de la BCE devrait être intense, les décideurs politiques étant confrontés à l’incertitude qui entoure la durée et l’impact de la perturbation énergétique iranienne. Bien qu’une décision sur la politique des taux d’intérêt ne soit pas susceptible d’être prise lors de la réunion de la semaine prochaine, les marchés financiers ont déjà commencé à anticiper une hausse des taux d’ici juillet.

Ce changement de sentiment du marché reflète l’influence croissante des faucons de la BCE, en particulier à la lumière des récentes spéculations sur le départ anticipé éventuel de la présidente de la BCE, Christine Lagarde. Joachim Nagel, président de la Bundesbank et faucon notoire, a souligné la nécessité de rester vigilant et a déclaré que la BCE agirait de manière décisive si la hausse des prix de l’énergie se traduisait par une inflation soutenue des prix à la consommation.

Tirer les leçons des erreurs passées

L’expérience de la BCE avec la flambée de l’inflation post-pandémique a laissé des traces durables. La décision initiale de considérer cette flambée comme « transitoire » et de maintenir les taux directeurs en territoire négatif s’est avérée coûteuse, car l’inflation dans la zone euro a grimpé en flèche. Isabel Schnabel, membre du conseil d’administration de la BCE, a reconnu les « cicatrices » laissées par cet épisode d’inflation élevée.

L’invasion russe de l’Ukraine qui a suivi a encore accentué les risques liés à l’inaction. La forte hausse des prix de l’énergie provoquée par la guerre a poussé l’inflation dans la zone euro au-dessus de 10 pour cent, obligeant la BCE à relever rapidement ses taux d’intérêt. Klaas Knot, autre successeur potentiel de Lagarde, a fait valoir que la BCE devrait tirer les leçons de ses erreurs passées et se montrer plus proactive pour lutter contre les pressions inflationnistes.

Appels à la prudence

Cependant, certaines voix appellent à la prudence. Le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, a mis en garde contre une réaction excessive à la volatilité des marchés et a souligné la nécessité d’adopter une approche équilibrée.

D’autres affirment que la situation actuelle est différente de celle de 2021-2022, invoquant des conditions budgétaires et monétaires plus strictes. Schnabel a également souligné la distinction entre le choc énergétique actuel et le précédent, suggérant que la perturbation iranienne pourrait être plus temporaire. (fc)

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