L’année 2026 n’a que quelques mois, mais plusieurs événements se sont déjà produits. Trump a envahi le Venezuela et l’Iran, davantage d’entreprises annoncent des licenciements et le gouvernement fédéral devra trouver plusieurs milliards cette année encore pour réduire le déficit budgétaire. Dans le même temps, les accords précédents doivent encore être élaborés et mis en œuvre. L’année a donc commencé de manière mouvementée et s’annonce tout aussi agitée pour les mois à venir.
À la table à dessin
Dans le cadre de l’« accord d’été » conclu l’année dernière, le gouvernement fédéral avait élaboré un grand nombre de mesures socio-économiques. Citons notamment la flexibilisation du marché du travail et la plus grande réforme des pensions depuis des décennies. Toutes ces mesures devaient toutefois encore être transposées dans des textes de loi et approuvées par le Conseil d’État avant que le gouvernement puisse les soumettre au Parlement. Plusieurs mesures qui devaient initialement entrer en vigueur en 2026 ont été reportées. Ainsi, la pénalité de retraite ne s’appliquera qu’à partir de 2027 et l’extension des flexijobs ne prendra effet qu’à partir du 1er juillet. Le gouvernement subit donc déjà une perte de revenus considérable.
Un budget pluriannuel a également été adopté fin novembre. Le gouvernement y a prévu un effort supplémentaire d’environ 9 milliards d’euros, comme demandé par l’Europe. L’accord comprenait notamment un indice centime, un plan d’action pour les malades de longue durée et diverses mesures fiscales. La TVA a été augmentée dans certains secteurs et compliquée dans d’autres. Ainsi, pour les plats à emporter et le secteur culturel, il n’était pas clair quel taux de TVA s’appliquait à quel produit. Le Conseil d’État a rappelé le gouvernement à l’ordre et a qualifié la nouvelle réglementation de « juridiquement indéfendable ». Le Premier ministre De Wever (N-VA) l’a lui-même qualifié de « très mauvais compromis ». Si le gouvernement ne veut pas perdre les recettes issues de la réforme de la TVA, il devra rapidement trouver un nouvel accord. Un premier obstacle pour le gouvernement Arizona.
Tensions géopolitiques
Les tensions géopolitiques se sont accrues en raison des actions militaires menées par les États-Unis au Venezuela au début de cette année et récemment en Iran. À cela s’ajoutent la guerre en Ukraine et la concurrence économique croissante de la Chine, qui ne font que complexifier davantage les défis à relever.
En Belgique, les partis de la coalition sont divisés sur la manière de réagir à la situation en Iran. Le gouvernement n’a pas encore condamné l’invasion et n’offre pour l’instant aucun soutien militaire. Dans le même temps, la question reste de savoir quel sera l’impact de cette crise, alors que certains partis souhaitent probablement accorder un soutien financier supplémentaire et que le budget est déjà soumis à une forte pression.
Sommet industriel à Anvers
Bart De Wever souhaite avant tout apporter une réponse à la concurrence économique par le biais de l’Europe. C’est pourquoi il a organisé en février un deuxième sommet industriel à Anvers et un sommet informel de l’UE à Alden Biesen. Avec ces initiatives, il souhaite ramener l’industrie en Europe et apporter une réponse aux coûts énergétiques élevés et à la pléthore de réglementations dont se plaignent les entreprises.
La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, présentera le mois prochain son plan d’action, assorti d’un calendrier pour la réalisation de ces objectifs. Entre-temps, le Premier ministre De Wever souhaite, en collaboration avec les pays du Benelux, passer à la vitesse supérieure dans la réalisation du marché unique. Les tensions géopolitiques restent également un défi pour le gouvernement de l’Arizona.
Banque nationale
Cette semaine, la Banque nationale a publié son rapport économique annuel pour 2025. Celui-ci indique que la compétitivité belge s’est « structurellement détériorée » et que le pays enregistre un déficit commercial pour la quatrième année consécutive. Le gouverneur Pierre Wunsch a averti que le gouvernement devra fournir des efforts supplémentaires pour remettre le budget sur les rails.
Le Premier ministre Bart De Wever a lui-même indiqué qu’un effort structurel de 3 à 4 milliards d’euros serait nécessaire à cet effet. Cela risque de raviver les oppositions classiques entre la gauche et la droite au sein du gouvernement. Or, la coalition ne peut guère se permettre une crise comme celle d’octobre dernier.
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