Principaux renseignements
- L’Allemagne va investir massivement dans la modernisation de son armée en achetant des drones de pointe à des start-ups locales.
- L’invasion de l’Ukraine par la Russie et les inquiétudes concernant l’engagement des États-Unis ont accéléré les efforts des pays européens pour renforcer leur défense collective.
- Les nouveaux drones kamikazes, capables d’identifier leurs cibles de manière autonome, représentent une avancée significative dans la technologie militaire.
Les législateurs allemands s’apprêtent à approuver cette semaine l’achat de drones en grande quantité, renforçant ainsi les défenses orientales de l’OTAN. Deux accords-cadres distincts, d’une valeur approximative de 270 millions d’euros chacun, seront attribués aux start-ups locales Helsing et Stark Defence.
Ces contrats représentent un investissement important dans la modernisation de la Bundeswehr, les forces armées allemandes, dans le cadre d’un effort plus large visant à la transformer en l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe.
Préoccupations géopolitiques
L’urgence de cette expansion militaire découle à la fois de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et du manque de fiabilité perçu de l’engagement des États-Unis envers l’OTAN sous la présidence de Donald Trump. Les nations européennes, qui ont historiquement sous-financé leurs armées, cherchent désormais activement à renforcer leur défense collective.
Les premières livraisons de les « systèmes de munitions de moyenne portée », essentiellement des drones kamikazes, devraient parvenir à une brigade de chars allemande stationnée en Lituanie d’ici octobre.
L’inspecteur général des forces armées allemandes prévoit que la brigade sera équipée de drones en nombre suffisant d’ici le début de l’année prochaine, bien que le nombre exact reste confidentiel pour des raisons de sécurité.
Armes autonomes
Les munitions vagabondes sont des missiles uniques capables d’être lancés sans cible prédéterminée. Ils peuvent planer au-dessus d’une zone désignée, puis frapper lorsqu’une cible est identifiée, soit manuellement, soit grâce à l’intelligence artificielle embarquée, selon le niveau d’autonomie du drone.
La concurrence pour développer ces armes autonomes est féroce, en raison de leur rôle crucial dans la guerre en cours entre la Russie et l’Ukraine. Le géant allemand de la défense Rheinmetall AG devrait également obtenir un contrat similaire au printemps.
Préoccupations
Avant le vote parlementaire, des inquiétudes ont été exprimées concernant la participation controversée de l’investisseur américain Peter Thiel dans Stark Defence. Le ministère de la Défense a rassuré les législateurs en affirmant que Thiel, un milliardaire allemand spécialisé dans les technologies, ne détient qu’une participation minoritaire et n’exerce aucune influence indue sur l’entreprise.
Les contrats sont structurés de manière flexible, permettant des mises à jour des produits, voire des annulations si certains objectifs de développement ne sont pas atteints. Cette approche reflète l’évolution rapide de la technologie des drones kamikazes. Le contrat de Helsing pourrait potentiellement atteindre 1,5 milliard d’euros, tandis que celui de Stark pourrait grimper à 2,9 milliards d’euros. (fc)
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