Principaux renseignements
- Le Congrès a mis fin aux fonctions de Jose Jeri après seulement quatre mois.
- Les analystes politiques estiment que la démission de Jeri était davantage due à des manœuvres opportunistes de la part des membres du Congrès qu’à une réelle inquiétude concernant ses actions.
- Des élections présidentielles très disputées se profilent au Pérou, limitant d’emblée la force du mandat du prochain président.
Jose Jeri, le plus jeune président que le Pérou ait jamais connu, a été destitué après seulement quatre mois par le Congrès, rapporte Reuters. Il était le septième président depuis 2018, succédant à Dina Boluarte, et avait pris ses fonctions dans une période particulièrement instable.
Controverse autour du mandat
La polémique a rapidement pris le dessus sur le mandat de Jeri. Le « Chifagate » a marqué un tournant lorsque des images de sa rencontre avec l’entrepreneur controversé Zhihua Yang ont émergé. On y voit le président, vêtu d’un simple sweat-shirt, aux côtés de l’homme d’affaires, déjà vivement critiqué à l’époque pour ses intérêts commerciaux dans le pays.
Le nom du scandale fait référence au nom péruvien donné aux restaurants sino-péruviens. Bien que Jeri ait présenté ses excuses et insisté sur son innocence, l’incident a entraîné une pression politique croissante à l’approche des élections présidentielles d’avril.
Le programme d’investigation Cuarto Poder a révélé que cinq femmes avaient obtenu un poste au cabinet présidentiel et au ministère de l’Environnement après avoir rencontré Jerí. Le parquet a ouvert la semaine dernière une enquête officielle sur ces nominations suspectes. Selon les procureurs, l’affaire concernerait désormais neuf femmes.
Opportunisme politique
La carrière politique de Jerí a débuté lorsqu’il s’est engagé dans le parti conservateur Somos Perú alors qu’il étudiait le droit. Il s’est présenté deux fois sans succès à des élections municipales avant de remporter un siège au Congrès après la disqualification de Martin Vizcarra.
Les analystes politiques affirment que la légitimité de Jerí vacillait dès le premier jour. Sa destitution constitue donc un coup stratégique des députés. Dans une campagne électorale mouvementée, ces derniers exploitent ainsi le chaos politique à leur profit.
Malgré la courte durée du mandat de Jerí, le Pérou a connu des mandats présidentiels encore plus courts. En 2020, Manuel Merino a démissionné après moins d’une semaine en raison de l’indignation publique et des protestations qui ont fait des victimes.
Élections imminentes
Les prochaines élections devraient également être très disputées. Cela pourrait conduire à l’élection d’un président qui ne disposerait pas du mandat fort nécessaire pour ne pas être constamment menacé de destitution.
Le parlement de Lima désigne aujourd’hui un président par intérim qui assurera la présidence jusqu’aux élections d’avril. Le Pérou aura ainsi son huitième président en dix ans.
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