Le think tank Ember a remis son rapport sur la production d’électricité dans le monde. L’énergie décarbonée poursuit sa croissance, et c’est l’Europe qui mène la danse.
2022 pourrait être « la dernière année de croissance de l’énergie fossile » dans la production d’électricité

Pourquoi est-ce important ?
Au-delà du défi climatique, la crise ukrainienne a considérablement changé la donne. La fermeture des gazoducs vers l'Europe et la flambée des prix ont obligé les États à réagir et à repenser leur politique énergétique.Dans l’actu : le rapport annuel « Global Electricity Review » d’Ember.
- « Toutes les sources d’électricité propres (renouvelables et nucléaire, ndlr) ont atteint 39% de l’électricité mondiale, un nouveau record », souligne le rapport.
- Le reste est issu des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon).
- Les énergies éoliennes et solaires représentent 12% de la production d’électricité. En 2015, c’était à peine 5%.
- « Malgré ces progrès, le charbon est resté la plus grande source d’électricité au monde, produisant 36% de l’électricité mondiale en 2022 », nuance toutefois le rapport. L’énergie produite par les centrales au gaz a légèrement diminué de 0,2 %.

L’Europe tire son épingle du jeu
- Avec 22% d’électricité d’origine renouvelable et une croissance de 24% du solaire par rapport à l’année précédente, l’Europe est clairement en tête.
- Mais le charbon a encore progressé de 1,1% sur le Vieux continent, notamment à cause de l’invasion russe de l’Ukraine. Il n’y a, par contre, pas de données concernant l’éolien.
Le point de basculement
- Au niveau mondial, les émissions de CO2 ont atteint un nouveau record, avec 12 milliards de tonnes d’équivalent CO2 en 2022 (+1,3%).
- Mais les experts d’Ember sont malgré tout plutôt positifs quant à l’avenir : 2022 pourrait être l’année du « pic des émissions liées au secteur électrique et la dernière année de croissance de l’énergie fossile » dans ce secteur.
- En fait, le rapport indique que la croissance des énergies vertes est suffisante pour absorber toute la demande supplémentaire. Cela signifie qu’en théorie, les sources polluantes ne devraient plus augmenter. Les émissions resteraient alors bloquées à ce stade.
- « On se souviendra de 2022 comme d’un point de basculement dans la transition du monde vers l’énergie propre », croit Ember, ce qui est plus optimiste que l’analyse de l’AIE qui estime que les émissions actuelles perdureront encore pendant plusieurs années.