15.000 euros récoltés en 2 heures : un ovni crypto surgit dans le paysage médiatique

Une émission de télé grand public pour « expliquer la blockchain à tes parents, mais aussi à tes oncles, aux boomers, à toutes et tous ». Financée à l’aide de cryptomonnaies. Ainsi se résume le projet inattendu de culture numérique mené au pas de charge par l’entrepreneur média Damien Van Achter et qui débarquera sur la chaîne d’info continue LN24.  

Ils ne savaient pas que c’était si rapidement possible alors ils l’ont fait. Financer en cryptomonnaies et en deux heures de temps un projet d’émission de vulgarisation sur la blockchain imaginée il y a deux semaines. Plus précisément un pilote d’émission co-développée et co-produite d’abord en ligne, sur Twitch et Discord, pour ensuite passer en télé, sur LN24.

Damien Van Achter, journaliste technophile devenu entrepreneur média sous le pavillon Lab.Davanac, et la communauté francophone ouverte « pour internautes crypto intéressés » La Citadelle ont récemment eu cette idée saugrenue d’expliquer Internet à nos parents, de 35 à 65 ans+, en vidéo et en passant par le petit écran.

Car apprivoiser la technologie pour ne pas la subir a toujours constitué une nécessité pour l’humanité. Or, la blockchain, qui sera sûrement l’internet de demain selon les porteurs du projet, reste massivement incomprise. Comprendre cela maintenant offre une avancée intellectuelle, technologique et sociétale.

Financement décentralisé « à livre ouvert »

Aussi louable soit l’initiative d’apporter du concret autour de cette technologie blockchain, qui ne résout pas tout mais propose de nombreuses solutions pour nombre de problématiques, il fallait encore financer cet ovni médiatique.

« Préparation, animation, édition, technique, coordination… C’est un budget. Je prends le risque industriel de trouver les moyens de rémunérer les personnes qui participent à l’élaboration de ce pilote », a reconnu Damien Van Achter mercredi soir lors du live de présentation sur Twitch.

Optant pour une structure simplifiée et efficace, le Lab.Davanac et La Citadelle ont budgété le pilote à 12.500 euros. Un montant somme toute raisonnable, probablement dix fois moins élevé que s’il fallait défendre ce genre de produit à Paris plutôt que Bruxelles.

Un portefeuille numérique a été ouvert au nom du Lab.Davanac, pour se conformer autant que possible aux règles comptables, mais est accessible publiquement à l’adresse 0xe869fc81da3e51787ea167e5b1d7b3f94c95cdce pour être le plus transparent possible et pouvoir répondre aux questions qui se poseront.

« Tout est auditable. Tout le monde peut directement aller à cette adresse de wallet pour regarder l’argent qui arrive, l’argent qui sort. Avec une visibilité totale sur l’utilisation faite des fonds pour le projet », a clarifié Miwoke, (le pseudonyme panda roux) spécialiste de l’analyse de white papers pour La Citadelle.

Plus qu’un effet d’annonce, Damien Van Achter s’enthousiasme face à ce nouveau procédé car il défend l’un des principaux actifs dont doivent disposer les journalistes, à savoir la confiance du public. Pour préserver cette confiance, les porteurs du projet invitent donc à regarder sous le capot, pour montrer comment les participants travaillent et démontrer qu’il ne s’agit pas de com mais bien d’information et même d’éducation.

« On parle de blockchain tout en utilisant concrètement la technologie pour construire le média, pour en parler. Avec la possibilité d’expliquer ensemble comment faire fructifier l’argent, sans toucher au capital de départ, car ces cryptomonnaies récoltées vont faire des petits. Et pourquoi pas récompenser la communauté avec, car tout l’intérêt de la démarche est de cocréer de la richesse », a développé Damien Van Achter.

Défi médiatique

La conduite d’une émission reste un compromis, le résultat de choix et donc d’abandons. Tout ne peut pas être expliqué, des points importants risquent de passer à la trappe. L’objectif visé est que cela soit accessible et compréhensible afin que Madame et Monsieur Tout-le-monde puissent y adhérer.

Le défi sera alors de trouver des exemples significatifs pour démontrer les impacts de cette technologie émergente, dont les applications pratiques déjà plus présentes qu’on ne le pense changent la vie de tous les jours.

« Après, il y a pas mal de sujets qui n’ont plus véritablement de pertinence.  Dire ‘est-ce que la blockchain va être utilisée’ est dépassé quand on sait que des Ubisoft, Adidas, Deloitte, des grosses entreprises s’en sont déjà emparées depuis un certain temps. Il faut passer à la suite : qu’est-ce qu’on construit dessus ? Qu’est-ce que nous en faisons en tant que citoyen ? », a nuancé MiWoke.

Parvenir à conceptualiser facilement pour les non-initiés la proof-of-stake ou le réseau Lightning dans une émission pilote risque de poser problème.

Éclairage pratique

« Les premières émissions doivent malgré tout rester globalisantes, pour ensuite en arriver aux notions de projets qui existent dans la blockchain, tout ce qui s’y développe », a remis en contexte François Genette, Managing Partner de l’agence de communication The Flying Fish, lui aussi embarqué dans l’aventure.

Autrement dit, le public a besoin d’exemples pratico-pratiques. Comme la possibilité d’automatiser l’intervention des polices d’assurance pour les victimes des inondations sur base de contrats intelligents (smart contracts) intégrés à une blockchain.

« On attend toute une série de cas d’usage dans le futur. C’est peut-être politiquement incorrect, mais quand on voit ce qu’on paie un notaire pour qu’il aille vérifier dans un livre qu’une personne est propriétaire d’un bien depuis 30 ans, etc., alors que ce rôle de certificateur peut être numérisé et automatisé », a épinglé Florian Ernotte, avocat spécialisé en cryptomonnaies qui accompagne également le projet.

Atypique, collectif, incrémental

Avec des mécanismes de crowdsourcing, crowdfunding et de co-création avec les audiences, il s’agit d’un pari médiatique rare dans le paysage actuel et dont la réussite ne se mesurera pas au simple fait que l’émission soit diffusée mais qu’elle apporte une offre éditoriale à forte valeur ajoutée.

Il y a tellement à dire sur cette révolution industrielle crypto, dont la blockchain ne constitue qu’un rouage, qu’on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi les médias grand public ne réservent pas déjà un espace d’information dédié. Question certainement rhétorique car les titres (et patrons) de presse généraliste snobent encore la crypto et méprisent les personnes qui portent cette innovation.

« Mais si on se rend compte, au cours de l’élaboration du pilote, qu’on n’arrivera pas à raconter ce qui doit être dit pour bien comprendre la blockchain en 20 minutes, ne nous limitons pas et allons jusqu’à une émission de 48 minutes. Ou trois émissions complémentaires, qu’on peut même snacker par thématique pour les réseaux sociaux. Ce n’est pas un problème car l’objectif est d’être efficient », a relativisé Alain Schwartz, directeur de la production à LN24.

Projet validé en cryptos

Résultat, après seulement deux heures de stream sur Twitch, le wallet affiche l’équivalent de 15.000 euros en cryptomonnaies. Un objectif financier largement et rapidement atteint venant valider l’intérêt du projet de vulgarisation.

Publicité de l’adresse blockchain oblige, on voit que la levée de fonds n’a quasiment attiré que des investisseurs et actifs venus d’Avalanche (AVAX), une des plateformes dédiées aux smart contracts rivales d’Ethereum. Avec 16.571 $ sous forme d’USDC.e, version wrappée du stablecoin USDC, 151 $ d’AVAX et… 31$ en ETH. Pour une petite vingtaine d’adresses Avalanche.

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