Zelensky condamne la remise en service de l’oléoduc Druzhba, qu’il qualifie de violation des sanctions


Principaux renseignements

  • Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’oppose à la remise en service de l’oléoduc Druzhba, estimant que cela sape les sanctions de l’UE contre la Russie.
  • Zelensky estime que la remise en service de l’oléoduc financerait directement l’effort de guerre de la Russie, bien que la question soit présentée comme étant uniquement d’ordre technique.
  • La Hongrie et la Slovaquie, dépendantes du pétrole russe, jugent la remise en service de l’oléoduc cruciale pour leur économie, malgré la nécessité d’alternatives.

La remise en service de l’oléoduc Druzhba est devenue une question hautement politisée, dépassant largement le simple cadre de la réparation d’une infrastructure. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky considère que les pressions en faveur de la remise en service de l’oléoduc constituent essentiellement une tentative de saper les sanctions contre la Russie. Il fait valoir que permettre à nouveau au pétrole russe de transiter par l’Ukraine irait directement à l’encontre de l’objectif des sanctions de l’UE visant à limiter les sources de revenus de Moscou. C’est ce que rapporte le Financial Times.

Une question de principe

Zelensky estime que certains dirigeants européens tentent de contourner cette question politique fondamentale en présentant le problème sous un angle purement technique. Il soutient toutefois que la remise en service de l’oléoduc reviendrait en réalité à faciliter la vente de pétrole russe, malgré la guerre en cours. Il qualifie de « chantage » les tentatives visant à lier la remise en service de l’oléoduc à l’aide financière de l’UE à l’Ukraine, soulignant la vulnérabilité de Kiev et sa dépendance vis-à-vis du soutien occidental.

La Hongrie et la Slovaquie, qui dépendent fortement du pétrole brut russe acheminé par Druzhba, considèrent l’interruption de l’oléoduc comme un enjeu économique crucial. Elles ont fait pression pour sa remise en service tout en reconnaissant la nécessité de trouver des voies d’approvisionnement alternatives. Leurs efforts pour obtenir la réouverture de l’oléoduc mettent en évidence les complexités au sein de l’UE concernant les sanctions énergétiques contre la Russie.

Dépendance économique

Alors que la Hongrie a explicitement appelé à la suspension des sanctions sur l’énergie russe, invoquant des préjudices économiques, la Slovaquie a également exprimé ses inquiétudes concernant la sécurité de l’approvisionnement en carburant et la volatilité des prix. L’interruption de Druzhba a exacerbé ces inquiétudes, d’autant plus que les prix mondiaux du pétrole restent affectés par l’instabilité géopolitique.

L’intervention de Zelensky met en évidence les implications plus larges du différend sur l’oléoduc. Il fait valoir que la remise en service de Druzhba violerait non seulement l’esprit des sanctions de l’UE, mais encouragerait également la Russie en lui fournissant des ressources financières supplémentaires pour soutenir ses efforts de guerre.

À la recherche d’un compromis

La situation reste en suspens, le président français Emmanuel Macron tentant apparemment de dissocier la question de l’oléoduc de l’aide financière de l’UE à l’Ukraine. Cela suggère qu’un compromis potentiel est recherché, un compromis qui répondrait aux préoccupations énergétiques de la Hongrie et de la Slovaquie tout en préservant le soutien financier à Kiev.

Cependant, la position de Zelensky montre clairement que l’Ukraine considère la remise en service de Druzhba comme une décision politiquement sensible ayant des conséquences de grande envergure pour la politique de sanctions, la crédibilité de l’UE et la capacité de la Russie à tirer profit des exportations de pétrole pendant la guerre.

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Plus