Volkswagen a trouvé un usage innovant pour le nouvel aéroport de Berlin : parking géant

En attendant son ouverture, reportée une fois de plus, les gérants de l’aéroport de Berlin Brandenburg Willy Brandt (BER) lui ont trouvé un usage : il servira de parking géant pour Volkswagen.

Les grands scandales se rencontrent : à la fin de l’année 2016, nous écrivions que l’ouverture de l’aéroport de Berlin Brandenburg Willy Brandt, reportée  une fois de plus à cette époque, devait ouvrir au printemps 2018. Initialement, son inauguration  devait avoir lieu en 2011, mais divers défauts de construction et des dépassements de coûts l’ont retardée à plusieurs reprises. Fin juin 2016, les conclusions d’une enquête avaient imputé ce retard à  des lacunes dans le contrôle des travaux et un manque de réalisme dans la construction. 10 enquêtes criminelles pour fraude et négligence ont également été ouvertes.

Las ! Cette ouverture n’a pas encore eu lieu, et désormais, elle est programmée pour octobre 2020… si toutefois l’on ne décide pas de reprendre le chantier à zéro comme certains le préconisent, d’ici là.

La nouvelle norme WLTP

De son côté, le constructeur allemand est confronté à une difficulté : à partir du 1er septembre, les constructeurs devront mettre en conformité toutes les voitures neuves qu’ils auront produites depuis le 1er septembre de l’année dernière. Toutes devront se soumettre à des tests de pollution WLTP (Worldwide Harmonized Light Vehicle Test Procedure) plus pointus pour être homologuées avant leur mise en vente.

Le problème, c’est que l’autorité des Transports allemande n’a toujours pas avalisé un certain nombre de modèles, et que le groupe Volkswagen se retrouve avec un stock de 200 000 à 250 000 véhicules des différentes marques du conglomérat (Volkswagen, Porsche et Audi) en attente de l’homologation. Pire, il sera obligé de stopper la production à son usine de Wolfsburg pendant quelques jours pour ne pas augmenter ce stock.

Des aéroports reconvertis en parkings géants

En attendant les tests, il faudra stocker ces véhicules, et c’est là que le futur aéroport de Berlin entre en scène : il servira de parking géant pour en entreposer une partie. D’autres aéroports pourraient également être sollicités dans ce but, notamment ceux de Münster, Osnabrück et Hanovre. De même, le constructeur envisage également de garer des véhicules au port de Jade Weser à Wilhelmshaven, le seul port en eau profonde d’Allemagne.

Les autres constructeurs allemands rencontrent aussi des difficultés avec cette nouvelle homologation, mais pour Volkswagen, ces problèmes sont plus marqués, parce qu’au cours des derniers mois, les équipes de recherche et développement du groupe ont été accaparées par la conception de nouveaux logiciels pour les véhicules touchés par le scandale portant sur les véhicules diesel, ce qui ne leur a pas laissé la possibilité de travailler sur les normes WLTP.

Volkswagen est expérimenté dans la recherche de parkings…

Même si ces nouvelles turpitudes n’ont rien à voir avec le scandale de 2015 sur les émissions, la recherche de parkings géants pour entreposer des véhicules n’est pas une nouveauté pour Volkswagen.

En septembre 2015, le constructeur allemand avait admis dans un tribunal américain que depuis 2009, il avait équipé 11 millions de véhicules avec un logiciel permettant de minimiser leur niveau d’émission de gaz polluants. Au total, Volkswagen devra dépenser plus de 25 milliards de dollars (environ 20  aux États-Unis, notamment pour racheter près de 500 000 voitures à moteur diesel polluant, et réparer les dégâts qu’elles ont causés à l’environnement.

Depuis, le constructeur a racheté plus de 300.000 véhicules diesel aux Etats-Unis, dont 294.000 attendaient encore la validation de leur remise aux normes à la fin du mois de mars. Entre-temps, ces voitures ont été garées dans 37 sites à travers les États-Unis. Parmi ces sites, on trouve un ancien stade de football à Détroit, une ancienne usine de papier du Minnesota, et un immense cimetière dans le désert de Californie (Ci-dessous, une vue aérienne du site de Victorville, en Californie, l’un de ces sites d’entreposage de Volkswagen).

© Reuters