Comme il est peu probable que les partis de la coalition Arizona parviennent à boucler le budget à temps, la coalition Vivaldi devra probablement trancher sur le budget de l’INAMI. Une perspective qui déplaît fortement au Premier ministre démissionnaire Alexander De Croo (Open Vld), qui préférerait transférer cette responsabilité au formateur Bart De Wever (N-VA).
Principaux renseignements
- Vivaldi prépare un budget basé sur des douzièmes provisoires. Le budget de l’INAMI doit cependant être fixé pour une année entière.
- Les partis d’Arizona ne parviennent pas à s’accorder sur la norme de croissance pour l’INAMI. Ils ont encore deux semaines pour trouver une solution.
- Si aucun accord n’est trouvé, Vivaldi devra décider. Bart De Wever estime que Vivaldi doit déjà agir et ne pas laisser cette tâche à Arizona.
Dans l’actualité : Arizona progresse trop lentement, obligeant Vivaldi à travailler sur le budget.
- Lundi soir, l’approche budgétaire sera au menu du kern de Vivaldi. Open Vld montre clairement peu d’enthousiasme à continuer d’agir comme un parti de gouvernement. « En réalité, c’est juste du copier-coller du budget de cette année », a déclaré la secrétaire d’État démissionnaire au Budget Alexia Bertrand (Open Vld) dans De Ochtend.
- Elle confirme que la proposition de la N-VA sera suivie : un budget d’urgence sera adopté pour les trois premiers mois, jusqu’au prochain contrôle budgétaire en mars ou avril. « Mais cela pourra être annulé à tout moment si le nouveau gouvernement présente un budget complet », ajoute Bertrand.
- Au Parlement, dès le début de la législature, il est apparu qu’Open Vld s’accommoderait volontiers du rôle d’opposition. Les réformes fiscales envisagées par Bart De Wever ont déjà fait l’objet de critiques. Alors que les partis d’Arizona veulent rester optimistes sur la formation du gouvernement, Open Vld se montre plus pessimiste. « Techniquement, élaborer un budget complet intégrant toutes les réformes prévues prend plusieurs mois », explique la présidente Eva De Bleeker (Open Vld) dans De Zevende Dag. Selon elle, un budget d’urgence avec des douzièmes provisoires est inévitable.
- En pratique, cela signifierait qu’aucune réforme majeure ne verrait le jour avant 2026. Même si un nouveau gouvernement avec un budget finalisé est prêt en mars, il sera déjà trop tard pour concrétiser les premiers plans d’Arizona.
Quelle norme de croissance ?
Le problème urgent : Le budget de l’INAMI et la norme de croissance.
- L’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) réclame depuis des mois l’attribution de son budget pour 2025. Les médecins veulent savoir de combien leur rémunération pourra augmenter au-delà de l’indexation, ce que l’on appelle la norme de croissance.
- « Cette situation est inédite et totalement incompréhensible », a déclaré Luc Van Gorp, président de la Mutualité chrétienne, dans De Standaard. Il craint que les médecins conventionnés se déconventionnent, ce qui entraînerait une hausse des tarifs. Le ministre de la Santé publique, Frank Vandenbroucke (Vooruit), s’inquiète pour les patients, qui selon lui « vivent depuis des mois dans l’incertitude ».
- Vandenbroucke propose de fixer la norme de croissance à 2,5 % pour 2025. Les libéraux s’y opposent et plaident pour une norme de 2 %. Open Vld a voté contre de manière catégorique. Le MR, qui fait partie de Vivaldi et d’Arizona, s’est abstenu. Vooruit et le cd&v sont irrités par cette position.
- Open Vld considère que le budget de l’INAMI relève de la responsabilité du prochain gouvernement, et non de l’actuel. Bertrand souligne toutefois que ce budget doit être établi pour une année complète, et plaide donc pour qu’Arizona tranche la question.
L’INAMI, otage politique
Les réactions : Arizona et Vivaldi se renvoient mutuellement la responsabilité.
- « Bart De Wever considère également que cela relève du prochain gouvernement, mais il n’est pas sûr d’être prêt à temps », explique Bertrand pour justifier la position d’Open Vld.
- Bertrand accorde deux semaines aux partis d’Arizona pour parvenir à une décision. « Si aucune décision n’est prise, nous agirons », déclare-t-elle, tout en affirmant qu’il n’y a pas lieu de paniquer. Sur la norme de croissance, cependant, elle reste évasive : « Nous verrons comment cela se passe, mais les gens ne doivent pas craindre le chaos. »
- Dans le camp de Bart De Wever, on déclare sèchement qu’« il n’y a pas encore de consensus au sein des négociations gouvernementales, et donc aucune certitude de pouvoir décider dans les délais nécessaires ».
- De Wever renvoie donc la balle à De Croo et Bertrand. « Tant qu’il n’y a pas de nouveau gouvernement pleinement opérationnel, l’élaboration du budget 2025 avec des douzièmes provisoires et du budget de l’INAMI revient au gouvernement en affaires courantes. »
- Lundi soir, la question de l’INAMI devait initialement être abordée lors du kern, mais Bertrand préfère attendre les deux semaines. Une solution semble vraiment loin d’être trouvée. Un membre d’un des partis en formation déplore le « blocage » des libéraux. « Il n’y a aucune raison valable de bloquer ce dossier. C’est totalement irresponsable de jouer avec des budgets dont dépendent tant de patients et de médecins », a-t-il déclaré dans De Morgen.
- Les partis d’Arizona pointent les libéraux du doigt. Mais comme Open Vld adopte déjà une posture d’opposition, la pression repose principalement sur le MR. Une concession des libéraux francophones pourrait donner le ton pour la suite des négociations. Le MR refuse de libérer davantage de budgets pour les soins de santé lors des discussions d’Arizona, contrairement à Vooruit, cd&v et Les Engagés. Céder sur l’INAMI maintenant affaiblirait leur position à la table des négociations.