Venezuela réforme son secteur pétrolier pour attirer les investissements étrangers


Principaux renseignements

  • Le Venezuela a promulgué une loi réformant son secteur pétrolier, ouvrant la voie aux investissements privés.
  • La réforme accorde aux entreprises privées le contrôle de la production et des ventes, mettant fin au monopole de la société publique PDVSA.
  • Cela représente un changement significatif par rapport aux politiques socialistes et vise à relancer l’économie vénézuélienne en difficulté en attirant les investissements étrangers dans le secteur pétrolier.

La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a promulgué une loi importante réformant le secteur pétrolier du pays. Cette mesure marque une rupture avec les politiques socialistes qui ont dominé le Venezuela pendant plus de deux décennies et vise à attirer les investissements étrangers nécessaires pour revitaliser cette industrie en difficulté.

Participation du secteur privé

La réforme accorde aux entreprises privées le contrôle de la production et des ventes, mettant fin au monopole détenu par la société publique Petróleos de Venezuela SA (PDVSA). Les entreprises assumeront l’entière responsabilité de leurs opérations, sous réserve de l’approbation de leurs plans d’affaires par le ministère du Pétrole. Il est important de noter que la propriété des réserves d’hydrocarbures reste entre les mains de l’État.

Ce changement intervient moins d’un mois après la tentative de destitution de l’ancien président Nicolás Maduro par l’armée américaine. Parallèlement, le département du Trésor américain a assoupli les sanctions sur le pétrole vénézuélien, ouvrant la voie à l’implantation d’entreprises énergétiques américaines dans le pays. Ces mesures devraient faciliter une transformation géopolitique et économique importante au Venezuela.

Générations futures

Rodríguez a souligné l’importance de cette loi pour l’avenir de la nation, affirmant qu’elle façonnerait le Venezuela dont hériteront les générations futures. La réforme vise également à répondre aux préoccupations des grandes compagnies pétrolières américaines qui hésitaient à revenir au Venezuela après les expropriations précédentes.

Afin d’encourager davantage les investissements, la nouvelle loi prévoit un arbitrage indépendant en cas de litige, une garantie cruciale contre une éventuelle nationalisation future. Elle modifie également les taxes sur l’extraction, en fixant un plafond pour les redevances et en permettant une certaine flexibilité en fonction des spécificités des projets.

Appels à la transparence

Alors que les législateurs du parti au pouvoir se réjouissaient du potentiel de la réforme pour revitaliser l’économie vénézuélienne, le législateur de l’opposition Antonio Ecarri a appelé à davantage de transparence et de mesures de responsabilité, notamment la divulgation publique des informations financières. Il a fait valoir que de telles dispositions contribueraient à lutter contre la corruption systémique et offriraient des garanties judiciaires cruciales aux investisseurs.

L’abandon du contrôle étatique marque un revirement par rapport à la politique d’Hugo Chávez qui, pendant sa présidence, avait nationalisé les principaux actifs pétroliers et affecté les recettes à des programmes sociaux. Cependant, la baisse des prix du pétrole, la mauvaise gestion et la corruption ont conduit au déclin de PDVSA et à la crise économique paralysante du Venezuela.

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