Une appli pour dénoncer les chauffards

Des cyclistes, à Paris, à l’heure de pointe. – Isopix

L’application OurStreets entend permettre à ses utilisateurs de dénoncer les comportements dérangeants, agressifs ou dangereux des automobilistes.

Dans les villes, de Belgique et d’ailleurs, le nombre de cyclistes est en constante augmentation. Une évolution qui ne se fait pas sans heurts. La cohabitation entre conducteurs, cyclistes et piétons se transforment régulièrement en joutes, verbales voire physiques, pour l’utilisation de l’espace publique. C’est en partant de ce triste constat que Daniel Schep et Mark Sussman ont élaboré OurStreets.

L’application, qui sera lancée le 11 janvier à Washington, aux États-Unis, est en fait le prolongement d’un bot Twitter et d’un site internet (How’s My Driving DC) qui poursuivait déjà le même but. À savoir, permettre aux cyclistes et piétons de dénoncer les comportements problématiques des automobilistes.

Concrètement, OurStreets permettra à ses utilisateurs de scanner la plaque d’immatriculation d’un véhicule afin d’avoir accès à la liste complète des contraventions à son actif, leurs montants, si elles ont été payées, etc. – des informations en libre accès au pays de l’Oncle Sam – et de le dénoncer aux autorités. La plateforme permettra également de signaler les trottinettes et les vélos électriques mal rangés.

Le portefeuille en ligne de mire

Ses créateurs reconnaissent toutefois que leur outil ne permettra probablement pas de mener à de quelconques sanctions pour les conducteurs indélicats. ‘Étant donné que la plupart des signalements concernent des faits par nature momentanés, une conséquence directe est quasiment impossible’, explique Mark Sussman au site Fast Company.

Cependant, l’application devrait fournir des données fiables permettant ainsi d’identifier les zones où se produisent le plus d’infractions. Cela devrait faciliter la tâche des autorités pour y remédier.

Et comme les créateurs d’OurStreets comptent collaborer avec ‘des tiers, comme des compagnies d’assurance’, il n’y a qu’un pas avant d’imaginer que des critiques répétées sur l’appli pourraient, un jour, avoir des conséquences sur les cotisations des automobilistes en question.

Même si ce type d’applications ne devrait pas apparaître dans nos rues et nos téléphones de sitôt, l’application OurStreets illustre le fait que la résistance des usagers faibles face aux voitures s’organise, et elle pourrait faire très mal aux portefeuilles des automobilistes.