Principaux renseignements
- Un tribunal polonais a approuvé l’extradition de l’archéologue russe Alexander Butyagin vers l’Ukraine pour des faits liés à des fouilles illégales en Crimée.
- L’Ukraine accuse Butyagin d’avoir causé des dommages importants à un site archéologique et d’avoir illégalement emporté des artefacts de grande valeur.
- Cette affaire a exacerbé les tensions diplomatiques entre la Pologne et la Russie, mettant en évidence les défis complexes liés à la préservation du patrimoine culturel en temps de guerre.
Un tribunal polonais a approuvé l’extradition vers l’Ukraine d’Alexander Butyagin, un archéologue russe affilié au musée de l’Ermitage. Cette décision fait suite à l’accusation portée par l’Ukraine selon laquelle Butyagin aurait mené des fouilles illégales sur le site archéologique de Myrmekion, en Crimée. Cette affaire a déclenché des tensions diplomatiques entre la Pologne et la Russie.
Accusations portées contre Butyagin
L’arrestation de Butyagin en décembre par les autorités polonaises faisait suite à une demande de l’Ukraine. Kiev affirme que ses travaux archéologiques ont causé des dommages importants au site de Myrmekion, s’élevant à plus de 3,9 millions d’euros. De plus, les autorités ukrainiennes affirment qu’il a illégalement emporté trentepièces d’or datant de l’époque d’Alexandre le Grand et de son frère Philippe III Arrhidée.
Réaction de la Russie
Le Kremlin a fermement condamné l’arrestation de Butyagin et a qualifié cette action de tyrannie juridique tout en accusant la Pologne de motivations politiques. La Russie maintient sa position selon laquelle la Crimée est légitimement un territoire russe et considère donc les accusations contre Butyagin comme infondées. Moscou a même convoqué l’ambassadeur polonais en janvier pour exiger la libération immédiate de l’universitaire.
Les autorités russes qualifient l’accusation de destruction d’absurde car elles ne reconnaissent pas la juridiction de l’Ukraine sur les sites archéologiques de la péninsule.
Procédures judiciaires à venir
L’avocat de Butyagin prévoit de faire appel de la décision d’extradition. S’il est condamné en Ukraine pour la destruction présumée à Myrmekion il risque une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans. La guerre en Ukraine se manifeste également par une lutte culturelle autour de l’origine et de la gestion des trésors archéologiques. Les autorités russes considèrent les fouilles comme leur patrimoine tandis que le gouvernement ukrainien voit le déplacement de ces objets comme un vol de propriété nationale.
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