Principaux renseignements
- Dans plusieurs pays de l’Union européenne, l’État de droit est délibérément affaibli par des gouvernements qui modifient les règles démocratiques.
- Même des démocraties solides comme la Belgique montrent des signes de recul, ce qui indique un problème européen plus large.
- Pour l’instant, l’Union européenne ne parvient pas suffisamment à lutter efficacement contre ce recul.
Un rapport récent de la Civil Liberties Union for Europe, une organisation de défense des droits de l’homme axée sur l’Union européenne, révèle que l’État de droit est de plus en plus mis sous pression dans plusieurs pays européens, rapporte The Guardian dans un article exclusif. Dans certains pays, on assiste à un démantèlement délibéré des règles démocratiques. L’État de droit constitue le fondement de la démocratie et garantit la protection des citoyens ainsi que le respect de la loi par les gouvernements.
Un recul dans plusieurs pays
Le rapport met en avant cinq pays européens où l’État de droit est systématiquement démantelé, à savoir la Croatie, la Slovaquie, la Bulgarie, l’Italie et la Hongrie. L’organisation qualifie ces pays de « démolisseurs ». Leurs gouvernements modifient les règles et les lois afin de saper la démocratie.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán continue de mener une politique qui entrave le contrôle et la critique. Par ailleurs, le gouvernement slovaque de Robert Fico a mis en œuvre des mesures qui ont porté atteinte à l’indépendance de la justice et des médias.
Des démocraties solides sous pression
Selon le rapport, notre démocratie belge montre également des signes de recul. Outre la Belgique, la France, le Danemark, la Suède et l’Allemagne font partie des pays dits « glissants ». Cela signifie que l’État de droit s’affaiblit lentement sans stratégie claire.
Par ailleurs, certains pays, comme les Pays-Bas et la Grèce, ne connaissent ni progrès ni recul. On les qualifie de « stagnateurs ». La Pologne fait également partie de cette catégorie. Le Premier ministre polonais Donald Tusk tente ainsi de rétablir l’indépendance du pouvoir judiciaire, qui avait été mise à mal par le gouvernement précédent. Le veto présidentiel a bloqué cette initiative.
Selon l’organisation, la Lettonie mérite le statut de « hard worker ». Le gouvernement de ce pays parvient à améliorer activement les normes de l’État de droit.
Conséquences pour la démocratie
Nous ne devons pas sous-estimer les conséquences de l’érosion de l’État de droit. On observe ainsi souvent une restriction de la liberté des citoyens. Dans plusieurs pays, par exemple, les journalistes sont de plus en plus souvent confrontés à des pressions, voire à des actes de violence. Les manifestations font également l’objet d’une répression plus sévère.
Le rapport indiquait également que les mécanismes européens visant à renforcer l’État de droit étaient en grande partie inefficaces, car de nombreux États membres ne parviennent toujours pas à traduire les recommandations de la Commission européenne en mesures concrètes. Environ 93 pour cent de toutes les recommandations contenues dans le rapport 2025 de la Commission sur l’État de droit étaient une répétition de celles des années précédentes. (fc)
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