Un pays domine le classement général du dopage et il est tout sauf une superpuissance sportive

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L’Inde est le pays où l’on compte le plus grand nombre d’athlètes suspendus après avoir été testés positifs après un contrôle anti-dopage, et depuis 2009, plus de 500 ont été contrôlés positifs, rapporte le New York Times. Rien qu’en 2012, 178 athlètes indiens ont été exclus de compétitions pour usage de produits dopants. La Russie arrive seconde, avec 260 athlètes contrôlés positifs depuis 2009.

L’Inde, qui compte 1,2 milliard d’habitants, n’a remporté que 26 médailles olympiques sur les 113 années au cours desquelles elle a participé aux Jeux Olympiques. Par contraste, la Russie, qui compte 143 millions d’habitants, en a remporté 482 depuis qu’elle à commencé à participer aux JO en tant que Fédération Russe en 1994. Comment expliquer cet écart?

« L’Inde ne peut fournir ni nutrition adéquate, ni entraînement, ni soin médical pour ses athlètes », déplore le Docteur Mohan Chandran, qui préside la Fédération Indienne de la Médecine des Sports. « Du coup, nous avons des décennies de retard en ce qui concerne le dopage ». Mais John Fahey, le président de l’Agence Mondiale Anti-Dopage, ne partage pas son avis, et il pense que c’est l’augmentation du nombre de tests et le renforcement des règles de l’agence qui expliquent pourquoi un si grand nombre d’athlètes indiens se font prendre.

L’une des explications principales, c’est que l’Inde est l’un des plus grands fabricants mondiaux de médicaments génériques. Elle produit ces médicaments pour les pays émergents et elle les leur revend à des prix très inférieurs à ceux qui sont pratiqués en Occident. Les Indiens peuvent donc facilement se procurer des stéroïdes et des produits dopants à un prix très économique, parfois de l’ordre de 5 à 10 dollars (environ 3,5 à 7 euros) pour un mois de traitement.

L’Inde est également un pays qui pratique un certain protectionnisme, ce qui pose le problème de la fourniture à bon compte les boissons énergisantes, suppléments protéinés et autres produits autorisés permettant d’améliorer les performances. Les droits d’importation élevés sur ces produits, de l’ordre de 30 à 150% les rendent inabordables pour les athlètes locaux qui ne sont pas subventionnés comme leurs homologues d’autres pays. L’approvisionnement pour un mois de ces produits autorisés peut facilement coûter 10 fois plus cher qu’un traitement composé de produits interdits, ce qui facilite leur substitution.

Ensuite, le New York Times rappelle que beaucoup d’athlètes indiens sont entraînés par des coaches russes. Ces entraîneurs russes ont pu prendre l’habitude d’avoir recours à des produits dopants qu’ils ont appris à utiliser en Russie à l’époque où le dopage était une pratique courante.

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François Normand
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