Principaux renseignements
- L’activiste sikh Moninder Singh fait l’objet de menaces crédibles contre sa vie et sa famille, qu’il estime liées à ses critiques envers l’Inde et à ses liens avec l’activiste assassiné Hardeep Singh Nijjar.
- Singh condamne la visite du Premier ministre Carney en Inde, qu’il qualifie de trahison, arguant que le fait de privilégier le commerce au détriment de la sécurité des activistes sikhs récompense l’Inde pour sa répression violente.
- L’agence d’espionnage canadienne confirme l’existence d’un réseau d’agents indiens opérant dans le pays et utilisant des tactiques trompeuses et menaçantes à l’encontre des détracteurs, soulignant ainsi un danger persistant.
Un militant sikh canadien a reçu des menaces de mort alarmantes contre lui et sa famille, cela rapporte The Guardian. Ces avertissements surviennent quelques jours avant la visite d’État du Premier ministre Mark Carney en Inde. Le chef du gouvernement souhaite conclure de nouveaux accords commerciaux lors de ce voyage. Pourtant, la police a informé Moninder Singh, dirigeant de la Fédération sikh du Canada, d’une menace crédible. Les autorités fondent ce jugement sur des informations issues d’une source confidentielle.
Accusations contre le gouvernement indien
Singh estime que le gouvernement indien est responsable de cette dernière tactique d’intimidation, invoquant ses critiques virulentes à l’égard de l’Inde et son étroite amitié avec Hardeep Singh Nijjar, un autre activiste sikh assassiné au Canada l’année dernière. Singh a déjà été victime de menaces, mais c’est la première fois que sa femme et ses enfants sont visés. Il s’engage à ne pas se laisser réduire au silence par ces menaces, conscient que le silence ne fait que renforcer le pouvoir de ceux qui cherchent à lui nuire, à lui et à d’autres activistes.
Bien que le haut-commissariat indien n’ait pas répondu à une demande de commentaires, un haut responsable canadien s’est dit convaincu que la campagne de menaces et de violence menée par l’Inde avait pris fin. Carney lui-même tente de rétablir les relations diplomatiques avec l’Inde après une crise diplomatique majeure déclenchée par les accusations de Trudeau concernant l’assassinat de Nijjar.
Une trahison de la confiance
Singh et d’autres militants considèrent la visite de Carney comme une trahison, se demandant comment le Canada peut récompenser l’Inde en lui accordant un accès accru à son marché tout en ignorant les violences continues contre les militants sikhs à l’intérieur de ses frontières. Singh établit un parallèle entre cette situation et les efforts récents du Canada pour améliorer ses relations avec la Chine, malgré la détention par Pékin de citoyens canadiens en représailles à l’arrestation de Meng Wanzhou, cadre de Huawei. Il craint que le succès de ces missions commerciales n’encourage davantage l’Inde.
Les préoccupations soulevées par Singh sont corroborées par un rapport de l’agence de renseignement canadienne, qui qualifie le meurtre de Nijjar d’« escalade significative » dans les efforts de répression de l’Inde contre les dissidents à l’étranger. L’agence a également identifié un réseau d’agents indiens opérant au Canada pour influencer les communautés et les politiciens, recourant à des tactiques trompeuses et menaçantes pour faire taire les voix de l’opposition.
Menaces et intimidations persistantes
Par ailleurs, la police fédérale a découvert de nombreuses menaces crédibles contre la vie de militants sikhs. Cette situation a immédiatement amené les autorités à émettre des avertissements et à prendre des mesures de sécurité. Dans un cas précis, un suspect soupçonné de liens avec le gouvernement indien et un gang criminel a été surpris en train de surveiller Jagmeet Singh, le chef du Nouveau Parti démocratique. Ainsi, cet incident illustre la menace pesant sur les détracteurs de l’Inde.
Singh se dit profondément préoccupé par le fait que la visite de Carney permettra à l’Inde d’échapper à ses responsabilités. En effet, il craint que privilégier le commerce au détriment de la sécurité des citoyens ne crée un dangereux précédent. Une telle priorité pourrait finalement encourager ceux qui cherchent à faire taire les voix dissidentes par la violence.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici!

