Un logement sur quatre mis en vente en Belgique reste énergivore

Le marché immobilier belge propose de moins en moins de logements économes en énergie. Les chiffres d’Immoweb et de la grande banque Belfius montrent que cette part est passée de 41 % à 25 % en dix ans.


Principaux renseignements

  • La part des logements énergivores sur le marché immobilier belge a fortement diminué en dix ans (passant de 41 pour cent à 25 pour cent).
  • Cette amélioration est visible dans toutes les régions, la Flandre arrivant en tête, mais malgré ces progrès, des rénovations supplémentaires restent nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques d’ici 2050.
  • Les trois régions renforcent systématiquement les exigences énergétiques pour les personnes qui vendent une maison ou un appartement. En Wallonie, des normes encore plus strictes s’appliqueront bientôt aux logements qui ne changent pas de propriétaire.

À la une : Un logement sur quatre mis en vente en Belgique affiche un mauvais score EPC. Il s’agit d’une nette amélioration par rapport à il y a dix ans. À l’époque, c’était encore le cas pour quatre logements sur dix (41 pour cent).

  • Dans toutes les régions, on met en vente moins de logements énergivores. Entre 2015 et 2025, cette proportion est passée de 44 à 32 pour cent à Bruxelles (labels F et G), de 44 à 26 pour cent en Wallonie (labels F et G) et de 40 à 22 pour cent en Flandre (labels E et F).
    • « La diminution du nombre de logements énergivores est plus lente à Bruxelles que dans les autres régions. Mais cela s’explique en partie par une échelle EPC plus stricte : ainsi, l’obtention du label E à Bruxelles nécessite une performance énergétique inférieure à 275 kWh/(m²·an), alors qu’en Wallonie, le label E correspond à une consommation inférieure à 425 kWh/(m²·an) », explique Jonathan Frisch, économiste chez Immoweb.
  • L’analyse d’Immoweb et de Belfius montre également que la part des logements dotés de bons labels énergétiques augmente nettement. Le nombre de logements classés A, B ou C est passé, sur la même période, de 13 à 29 pour cent à Bruxelles et de 22 à 38 pour cent en Wallonie, tandis qu’en Flandre, la part des logements classés A ou B est passée de 22 à 41 pour cent.
  • La Flandre reste la région la plus performante, avec 64 pour cent des logements classés A, B ou C, contre 38 pour cent en Wallonie et 29 pour cent à Bruxelles.

Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques

Mais : bien que la part des logements durables sur le marché immobilier belge soit en hausse, il en faut davantage, selon Immoweb et Belfius, pour atteindre les objectifs climatiques fixés pour 2050. Les régions ont déjà pris certaines mesures pour rendre les maisons et les appartements plus écologiques.

  • Depuis 2023, les logements flamands classés E ou F doivent être rénovés dans les six mois suivant leur achat pour atteindre au moins la classe D. De nouvelles normes énergétiques minimales s’appliqueront également aux logements mis en location :
    • À partir de 2030, toute maison individuelle ou jumelée devra obtenir au minimum la classe énergétique E.
    • À partir de 2035, le label D deviendra obligatoire.
    • À partir du 1er janvier 2040, les logements devront obtenir au minimum le label C.
  • Bruxelles a également mis en place une stratégie régionale visant à rendre les logements plus écologiques. Ainsi, à partir de 2030, toutes les maisons et tous les appartements devront obtenir au minimum un label EPC E. Cette exigence sera relevée en 2045 pour atteindre au moins le label EPC C.
    • « En d’autres termes, près d’un tiers des logements actuellement en vente à Bruxelles devront être rénovés pour répondre au niveau minimum requis d’ici 2033 », note M. Frisch.
  • En Wallonie, à partir de 2028, les acheteurs immobiliers disposeront d’un délai de cinq ans après l’achat d’un logement énergivore pour obtenir au moins un label EPC D.
    • La Région wallonne prévoit également un renforcement progressif des exigences énergétiques pour les logements qui ne changent pas de propriétaire. À partir de 2031, ces logements devront obtenir au moins un label PEB F, et à partir de 2036, un label PEB E.

Ce sont surtout les jeunes qui rénovent

À noter : en 2022 (-9 pour cent) et 2023 (-30 pour cent), Belfius a constaté une baisse du nombre de demandes de crédit hypothécaire pour une rénovation, due notamment à la hausse des taux d’intérêt. La tendance s’est inversée en 2024 (+5 pour cent). L’année dernière, la hausse (+8 pour cent) a été encore plus marquée. Il s’agit d’ailleurs uniquement de crédits hypothécaires. Il est également possible de financer une rénovation à l’aide d’un crédit à la consommation (prêt rénovation ou prêt vert). Ces crédits sont principalement contractés pour de petits projets de rénovation.

  • Belfius note qu’il existe des différences régionales.
    • En Flandre, le nombre de crédits hypothécaires pour les rénovations est resté globalement stable entre 2023 et 2025 (+1 pour cent).
    • En Wallonie, le nombre de crédits pour les travaux de rénovation a augmenté de 24 pour cent entre 2023 et 2025.
    • À Bruxelles, la hausse est encore plus marquée : le nombre de crédits hypothécaires pour des rénovations a augmenté de 51 pour cent entre 2023 et 2025.
  • Par ailleurs, les chiffres de la banque d’État montrent que les jeunes sont le moteur de la transition énergétique. Deux clients Belfius sur trois ayant contracté un prêt pour une rénovation énergétique avaient 35 ans ou moins. Pour les rénovations non énergétiques, cette tranche d’âge représente 40 pour cent des crédits.

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