Un conflit avec l’Iran risque-t-il de couler la bourse américaine?

Des soldats américains embarquent à bord d’un avion à Fayetteville, en Caroline du Nord. – Isopix

La guerre a-t-elle vraiment un impact négatif sur la bourse? Au regard de l’histoire économico-militaire des États-Unis, la réponse est non… Bien au contraire!

Lorsque le spectre d’une guerre avec l’Iran est apparu, après l’élimination du général Soleimani la semaine dernière, les actions américaines ont plongé. Lorsque les choses ont semblé se calmer mercredi, ces mêmes actions sont remontées en flèche et ont atteint de nouveaux sommets. Faut-il en tirer la conclusion, évidente de prime abord, que la guerre a un impact négatif sur la bourse? Et bien, non.

Le site Axios s’est penché sur l’impact des différents conflits militaires dans lesquels les États-Unis ont été engagés au cours des dernières décennies sur les actions américaines. Il en ressort que les soubresauts courtermistes ne doivent pas donner une image erronée de la réalité à plus long terme: la guerre est bonne pour les affaires.

Moins de risque, plus de rendement

Ainsi, lors de la Première guerre mondiale, l’indice Dow Jones a grimpé de 43%.

À la fin de la Seconde guerre mondiale, il avait crû de 50% par rapport à 5 ans plus tôt.

Guerre de Corée? +60%

Le Vietnam? +43%

Après l’invasion de l’Irak en 2003, les actions américaines ont augmenté de 32% au cours des 10 mois suivants.

Par ailleurs, Mark Armbruster, président d’Armbruster Capital Management, estime que non seulement les titres à grande et à petite capitalisation ont un rendement supérieur en temps de guerre, mais ils sont également moins sujet à la volatilité. En d’autres termes, le risque diminue et les rendements augmentent.

Le seul moyen de faire de l’argent en Iran…

Les dépenses militaires américaines représentent chaque année plus de 3% de l’activité économique globale du pays, et ce depuis 1945. Un sacré coup de pouce. Quant au budget de la Défense, il est de 738 milliards d’euros pour la seule année 2020. À titre de comparaison, le vaste programme de relance économique de Barack Obama en 2009 était à peine plus élevé (787 milliards).

Dans ce contexte, il n’est pas si surprenant de constater que depuis 1945, les États-Unis ont été en guerre chaque année, sauf en 1949 et 1985, selon le Groupe Eurasia cité par Axios.

En conclusion, l’économie américaine ne redoute pas une guerre avec l’Iran, au contraire. La République islamique ne pèse pas bien lourd dans l’économie mondiale et vit sous embargo US depuis des décennies. Le seul moyen pour des entreprises américaines de faire de l’argent là-bas, c’est de fournir le matériel militaire nécessaire à une guerre. Plus elle serait importante, plus il y aurait d’argent à gagner…