Trump veut affaiblir l’UE en frappant l’Allemagne

Après le Mexique et la Chine, c’est au tour de l’Allemagne de devenir la cible de la Maison Blanche. Mardi, l’équipe de Donald Trump s’en est pris à nos voisins de l’Est, par l’intermédiaire de Peter Navarro, le principal conseiller économique du président américain. Il a affirmé que l’Allemagne utilisait un euro « nettement dévalué » pour « exploiter » ses partenaires commerciaux américains et Européens. Navarro n’a en pratique pas cité la monnaie unique, mais employé le terme de « Deutsche mark implicite » pour la désigner.L’Allemagne a également été accusée de faire entrave à la conclusion du Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP)  avec l’UE, dont il a dit qu’il était définitivement enterré.La nouvelle équipe présidentielle semble donc privilégier une approche dure des relations commerciales, avec les devises comme nerf de la guerre. Cette nouvelle stratégie met en cause les pays responsables du déficit commercial américain, selon le nouveau président américain.

Créer le chaos dans l’UE en attaquant l’Allemagne

Pour Marc Fiorentino de MonFinancier.com, l’objectif de Trump serait encore plus vaste : le président américain chercherait à créer le chaos dans la zone euro et l’Union européenne. « Trump sait que l’Allemagne est jugée responsable de tous les maux dans les pays d’Europe du Sud et même en France.(…) Et Trump alimente la machine : +révoltez-vous contre l’Allemagne, ce pays qui vous a contraint à une austérité dévastatrice et qui profite de vous en créant une machine exportatrice grâce à vous, grâce à votre euro, grâce à votre consommation et vos importations+. Du pain bénit pour tous les Mélenchon et Beppe Grillo d’Europe », écrit-il.Selon Fiorentino, le président américain espère ainsi maintenir la parité du dollar au plus bas. Mais il espère aussi déstabiliser Merkel,  « qui est le seul véritable rempart contre lui en Europe, avec le secret espoir de peser, avant son ami Poutine tout aussi farouchement anti Merkel, sur les élections législatives de septembre ».Trump souhaite aussi aider des populistes à parvenir au pouvoir en Europe, ce qui lui apporterait des « alliés en Europe, qui lui permettront notamment de faire voler en éclat l’Union Européenne et d’affaiblir l’Europe ». Une Europe affaiblie renforcerait les Etats-Unis… et serait plus clémente à l’égard de l’allié du président, le Royaume-Uni, qui doit encore négocier les conditions du brexit.En janvier, Anthony Gardner, l’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Union européenne, dont le mandat s’achève, a indiqué que des membres du gouvernement Trump avaient demandé à plusieurs dirigeants européens quel était le prochain pays qui mettrait fin à son adhésion à l’Union européenne après le Royaume Uni.

« On dirait que 2017 semble être l’année au cours de laquelle l’Union Européenne devrait se disloquer. Mais j’espère que la voix de Nigel Farage n’est pas la seule que l’on écoute, parce que c’est une voix marginale», avait dit l’ambassadeur à l’occasion de l’un de ses derniers discours.