Test Pisa: les jeunes flamands et francophones bientôt unis dans la médiocrité?

Image d’illustration. (Isopix)

Le niveau des élèves de 15 ans en lecture, en math et en sciences continue à baisser en Belgique, dévoilent ce mardi les chiffres de l’enquête Pisa de l’OCDE. Les scores flamands restent plus élevés que ceux des francophones, mais ils baissent également plus rapidement.

Cette édition 2018 de l’enquête Pisa rassemble les résultats de 79 pays ou systèmes éducatifs, dont la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Communauté flamande et la Communauté germanophone. 3.221 élèves nés en 2002 ont ainsi passé deux heures de test dans trois matières : les mathématiques, les sciences et la lecture, cette dernière étant à l’honneur cette année.

Les grandes tendances:

  • Lecture: avec un score de 481, la Fédération Wallonie-Bruxelles reste sous la moyenne de l’OCDE (487). Elle est loin derrière la Communauté flamande (502, 7e du classement) et talonne la Communauté germanophone (483). On observe cependant une baisse constante des résultats des jeunes Flamands depuis 2000. Trois processus ont été étudiés : trouver l’info, la comprendre, et l’évaluer. En Fédération, il y a moins d’élèves très performants que la moyenne OCDE et plus d’élèves très peu performants. Par ailleurs, un élève sur quatre atteint, au maximum, le 2e niveau sur 6 pour les trois démarches…
(ULiège – PISA 2018)
  • Mathématiques: les résultats sont en légère progression pour la Communauté germanophone (505) et pour la Fédération Wallonie-Bruxelles (495). Cette dernière se hisse au-dessus de la moyenne OCDE (489). La Communauté flamande (518) est toujours bien devant, mais là aussi les résultats affichent une baisse constante.
(ULiège – PISA 2018)
  • Sciences: pas de changement pour la Fédération (485) qui s’approche de la moyenne OCDE (489). Dans cette matière aussi, la Flandre est loin devant (510), mais elle affiche la même baisse, semble-t-il inexorable, que dans les autres branches. La Communauté germanophone est bonne dernière (483), suite à une forte baisse entre 2015 et 2018.
(ULiège – PISA 2018)

‘Ce que je retiendrais, c’est que rien n’a changé’, explique Dominique Lafontaine, professeur en Sciences de l’Éducation à l’ULiège et participante au programme pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, à La Libre. ‘Une grande réforme a été initiée, le Pacte d’excellence, mais il n’en est qu’à ses débuts. Les résultats Pisa précédents ont initié des changements qui vont mettre longtemps à devenir concrets. Il ne faudrait surtout pas qu’un effet de lassitude freine le travail.’

Quelques points positifs:

  • Lors des exercices de lecture, les élèves francophones se montrent beaucoup plus efficaces lorsqu’il s’agit de faire jouer plusieurs sources plutôt qu’une seule. Une bonne nouvelle à l’ère du numérique.
  • À niveau social équivalent, les performances des élèves immigrés par rapport aux natifs belges présentent peu de différence. Ce qui est rare parmi les pays de l’OCDE.
  • Les écarts entre les écoles de la Fédération diminuent.
  • Non, la lecture ne disparaît pas chez les jeunes. Le livre est cependant progressivement remplacé par la lecture en ligne.

Encore à noter, en lecture:

  • Les jeunes filles de la Fédération réalisent de bien meilleurs résultats que les garçons (23 points de différence).
  • La différence entre natifs belges et immigrés est énorme: 46 points.
  • Mais pas autant qu’entre ‘favorisés’ et ‘défavorisés’: 107 points.
  • L’écart entre élèves ‘à l’heure’ et ‘en retard’ par rapport au programme est de 105 points.