Avec son Phone (4a), Nothing poursuit sa stratégie consistant à bousculer le marché du milieu de gamme avec un produit reconnaissable entre mille. Après un Phone (3a) réussi, la jeune marque britannique affine sa formule : design toujours aussi distinctif, nouvelle interface lumineuse Glyph, performances solides et module photo plus ambitieux grâce à l’arrivée d’un téléobjectif périscopique.
Positionné à partir de 369 euros, le smartphone entend rivaliser avec des références comme le Google Pixel 10a. Sur le papier, la promesse est séduisante : écran AMOLED généreux, puce Snapdragon récente, triple module photo et autonomie renforcée. Reste à voir si ce cocktail suffit à faire de ce Phone (4a) l’un des nouveaux champions du rapport qualité-prix.
Un design toujours aussi identifiable, avec une Glyph repensée
Nothing ne renie pas son ADN. Le Phone (4a) conserve ce qui fait la signature visuelle de la marque : un dos transparent laissant apparaître une architecture interne stylisée, des vis apparentes et une construction qui tranche avec l’uniformité du marché.
La nouveauté la plus visible concerne la partie lumineuse. Exit les multiples bandes LED des générations précédentes : le smartphone adopte désormais une Glyph Bar verticale, composée de dizaines de mini-LED. L’objectif est simple : concentrer les notifications et informations dans un seul élément plus lisible, capable d’indiquer appels, messages ou recharge sans allumer l’écran.
Le reste de la conception évolue par petites touches. Le téléphone conserve des tranches plates, dans l’air du temps. Il n’en reste pas moins imposant et difficile à manipuler totalement d’une seule main. Le châssis reste en plastique, mais le verre Gorilla Glass et les finitions métalliques donnent une impression plus premium que sur les anciens modèles. La certification IP64 protège contre les éclaboussures, sans toutefois promettre une immersion complète.
Des performances solides pour le quotidien
Sous le capot, le Phone (4a) embarque une puce récente de Qualcomm, le Snapdragon 7s Gen 4, épaulée par 8 ou 12 Go de RAM selon les versions. Un processeur qui vise avant tout l’efficacité et la polyvalence. Dans les faits, c’est une réusitte.
L’expérience se montre fluide au quotidien. Navigation web, multitâche, réseaux sociaux ou streaming vidéo s’enchaînent sans ralentissement notable. L’interface épurée de Nothing OS participe également à cette sensation de réactivité.
Côté jeu, le smartphone tient la cadence sur les titres populaires, mais il ne faut pas s’attendre à des merveilles sur les jeux les plus gourmands. Ce n’est pas un appareil pensé pour cela. La gestion thermique reste cependant maîtrisée et la chauffe limitée, même lors de sessions prolongées.
NothingOS 4.1 : une interface toujours aussi soignée
Le Phone (4a) arrive avec NothingOS 4.1 basé sur Android 16. Fidèle à la philosophie de la marque, l’interface mise sur un design minimaliste et cohérent, dominé par un style graphique monochrome qui peut toutefois être remplacé par une présentation plus classique.
La personnalisation reste un point fort. Widgets, thèmes et icônes peuvent être largement modifiés, tandis que la marque évite soigneusement les applications préinstallées inutiles.
Le téléphone reprend l’Essential Space, accessible via une touche dédiée. Cette fonction exploite l’IA pour organiser automatiquement notes, captures d’écran ou liens web dans un espace personnel. L’intégration de services comme Gemini ou Circle to Search complète l’expérience logicielle.
Nothing promet par ailleurs trois ans de mises à jour Android et six ans de correctifs de sécurité, une durée honorable même si certains concurrents font désormais mieux. Et c’est sans doute le plus gros point faible de l’appareil.
Un téléobjectif rare dans cette gamme
Sur le terrain de la photo, le Phone (4a) tente de se démarquer grâce à un équipement peu courant à ce niveau de prix. Le smartphone combine : un capteur principal de 50 Mpx stabilisé, un ultra grand-angle de 8 Mpx, un téléobjectif périscopique de 50 Mpx avec zoom optique 3,5x.
En plein jour, le capteur principal produit des images détaillées et bien exposées, avec des couleurs naturelles et un contraste équilibré. Le téléobjectif constitue l’un des arguments majeurs du téléphone : les clichés zoomés restent nets et exploitables, un avantage notable face à de nombreux concurrents qui se contentent d’un simple zoom numérique.
En revanche, tout n’est pas parfait. L’ultra grand-angle apparaît clairement en retrait avec sa définition limitée, et la photographie nocturne reste un point faible. Dès que la lumière diminue, le bruit numérique augmente et les couleurs peuvent tirer vers des teintes orangées, notamment sur les scènes urbaines.
Une autonomie confortable
Le Phone (4a) embarque une batterie de 5080 mAh, légèrement supérieure à celle de son prédécesseur. Dans les faits, l’autonomie progresse sensiblement. Le smartphone dépasse les 21 heures d’utilisation simulée, ce qui se traduit dans la pratique par une journée et demie à deux jours d’autonomie selon l’intensité d’utilisation.
La recharge filaire grimpe jusqu’à 50 W, permettant de récupérer environ la moitié de la batterie en une vingtaine de minutes et de faire le plein en un peu plus d’une heure. En revanche, le téléphone fait l’impasse sur la recharge sans fil et la recharge inversée, deux fonctions encore rares dans cette catégorie mais de plus en plus appréciées.
On regrette également le fait qu’il ne soit pas compatible avec les eSIM. En 2026, c’est vraiment regrettable.
Conclusion
Avec le Phone (4a), Nothing affine sa recette sans renier ce qui fait son identité. Le smartphone conserve son design unique et sa fameuse interface lumineuse, tout en améliorant plusieurs points clés : écran de qualité, performances solides, autonomie renforcée et surtout un téléobjectif rare à ce niveau de prix. Tout n’est pas parfait – l’ultra grand-angle déçoit, la photo de nuit reste perfectible et certaines concessions persistent – mais l’ensemble forme un smartphone équilibré et original. À moins de 400 euros, le Phone (4a) confirme ainsi la montée en puissance de Nothing sur le segment milieu de gamme : un téléphone différent, désormais plus mature et plus complet que jamais.


